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Palestine
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Le blocus maritime prive les pêcheurs de Gaza des bancs de poisson jeudi 13 novembre 2008 - 05h:50
Rory McCarthy - The Guardian
UNE SEMAINE A GAZA - RECIT N°1
Les pêcheurs palestiniens sont en difficulté en raison du coût élevé du carburant et du blocus de la marine israélienne rendant les prises rentables presque impossibles. Le bateau d'Abdoul Salam al-Hissi quitte le port la ville de Gaza et se dirige vers le large.
« Chacun pense à soi-même » UNE SEMAINE A GAZA - RECIT N°2
vendredi 14 novembre 2008 - 05h:57
Rory McCarthy
The Guardian
Etedal Zanati, chez elle, dans le camp de réfugiés de Jabaliya, au nord de la Bande de Gaza. Photo : Martin Godwin
Hier, le repas principal de la famille a été des œufs, du pain et du thé. Aujourd'hui Etedal Zanati, 42 ans, a fourni un kilo de poisson, une poignée de pommes de terre et des tomates pour le dîner, afin de les partager entre elle-même, ses 10 enfants, sa belle-mère et son beau-frère.
« Nous sommes presque morts. Nous n'avons pas d'argent, rien. »
UNE SEMAINE A GAZA - RECIT N°4

Rory Mac Carthy s'entretient avec Ahmad Abou Me'tiq, qui a perdu sa femme et quatre de ses enfants dans une frappe aérienne israélienne.
Son lit est au troisième étage de l'hôpital Shifa de la Bande de Gaza, où les arbres dans le chaud soleil de l'après-midi atteignent la fenêtre. Le pavillon est bondé, et le lit sur lequel Asma Abou Me'tiq est étendue est séparé des autres et entouré par les couvertures que sa belle-sœur utilise lorsqu'elle dort sur le sol à côté d'elle la nuit.
C'est peut-être le meilleur hôpital de Gaza, mais même les familles les plus pauvres, comme celle d'Ahmad Abou Me'tiq, doivent fournir des denrées alimentaires elles-mêmes. Ahmad, le père d' Asma, arrive d'en bas avec un chauffe-plat électrique bon marché, qu'il a acheté à crédit à un marchand de sa connaissance. Il branche à la prise au mur pour chauffer un bol d'une légère soupe faite à la maison pour sa fille âgée de 13 ans, mais il n'y a pas de l'électricité ou alors la plaque chauffante, ne fonctionne pas. "Quelle malchance !", dit-il en silence à lui-même.
Puis il se retourne vers sa fille, qui est en train de tousser et a du mal à respirer en raison de sa profonde blessure au thorax. Elle n'a pas touché à ses repas depuis qu'elle a été transportée d'urgence à l'hôpital 10 jours auparavant : le jour où une explosion dehors dans la rue a démoli la porte en métal de leur maison, alors que la famille prenait le petit-déjeuner, la transperçant elle et sa jeune sœur, Shaima, sept ans, d' éclats d'obus et tuant purment et simplement quatre autres frères et sœurs et ainsi que sa mère.
"J' attends de te voir manger", dit son père. "Plus tard", dit Asma. Plusieurs minutes se sont écoulées. "Montre-moi comment tu manges", dit-il à nouveau. "Demain", répond-elle.
Comme c'est souvent le cas dans ce conflit parmi ceux des plus pénibles, les faits à l'origine de l'explosion qui a tué la femme et quatre enfants d'Ahmad Abou Me'tiq sont contestés. Tôt dans la matinée du 28 avril, il y avait eu des combats à Beit Hanoun après que les troupes israéliennes et des véhicules blindés eurent fait irruption dans l'est de la bande de Gaza.
Deux missiles ont été tirés par les soldats israéliens sur la rue devant la maison d'Abu Me'tiq, qui, d'après eux, visaient à quatre hommes armés "transportant des sacs à dos chargés de munitions et d'armes diverses." L'armée israélienne insiste sur le fait qu'il y a eu une explosion secondaire, causée par "l'arsenal" (des militants), qui a tué cinq membres de la famille Abu Me'tiq.
"L'enquête des experts des FDI (Forces de Défense Israéliennes = Tsahal.) stipule que la famille a été atteinte lors de l'explosion du deuxième missile qui a déclenché les explosions collatérales ou par des objets qui ont été projetés vers eux à cause de la force de l'explosion », a-t-il été déclaré . "Les FDI souhaitent exprimer leur tristesse pour tout dommage envers des civils hors de cause, dû à des organisations terroristes (qui) opèrent à partir de centres urbains, en les utilisant comme boucliers humains."
Néanmoins, la famille tient les militaires israéliens pour responsables des meurtres, comme le fait le principal organisme des droits de l'homme en Israël, B'Tselem, qui affirme qu'Israël a obligation de faire la distinction entre les civils et ceux qui prennent part aux combats. "Celui qui a tiré le missile porte la responsabilité de l'explosion qui a conduit à la mort les membres de la famille," à déclaré B'Tselem. "Le missile a été tiré sur un milicien qui se trouvait à l'entrée d'une enceinte résiditentielle densément habitée, en sachant qu'il transportait des munitions."
Ahmad Abou Me'tiq, 70ans, dit qu'il n'a pas reçu d'excuses directes de l'armée israélienne et aucune offre d'indemnisation pour la perte de sa femme Meyasar, 40 ans, et ses enfants, Rudeina, six ans, Salah, quatre ans, Hana, trois ans, et Mesid, âgé d'un an. Leur mort s'est ajoutée au tribut croissant et de plus en plus lourd d'enfants tués dans le conflit de Gaza.
Cette année seulement, au moins 44 enfants palestiniens ont été tués, selon un compte à la fin du mois d'avril du Centre Palestinien pour les Droits de l'Homme. L'ONU a établi le chiffre de 53 enfants morts et 177 enfants blessés jusqu'à présent cette année.
Malgré des pourparlers sur un cessez-le-feu, le nombre de morts de part et d'autre continue d'augmenter. Au moins 312 Palestiniens, dont plus de la moitié des civils, ont été tués cette année, selon le Centre Palestinien pour les Droits de l'Homme. Du côté israélien, six soldats et six civils ont trouvé la mort, le dernier étant Shuli Katz, 70 ans, qui a été tué lundi par une roquette tirée de Gaza par des miliciens à partir de Yesha, un village dans le sud d'Israël.
La famille Abou Me'tiq habite dans une modeste maison en béton d'un seul étage avec seulement des tapis et coussins pour mobilier et une radio cassée dans la salle avant. Les fenêtres sont dépourvues de carreaux et il y a des gros trous dans la tôle ondulée et l'amiante du toit.
Plusieurs partis politiques sont venus à la maison, promettant argent et soutien, et deux affiches du Hamas et un drapeau s'étalent à l'extérieur. Néanmoins Ahmad dit qu'il n'avait pas reçu d'argent, et il semble n'y avoir aucune trace de quelque soutien financier pour la famille. Il ne peut pas se rappeler pour qui il a voté aux élections, il y a deux ans, mais il pense que c'était pour l'une des plus petites factions de gauche, qui a maintenant peu d'influence dans la politique palestinienne.
Ahmad Abou Me'tiq est issu d'une famille de Bédouins, il est né dans un village près de Ashdod, dans ce qui est aujourd'hui Israël. Il a fui, à l'époque où il était un garçon, avec ses parents pendant la guerre de 1948 et a vécu la vie simple d'un agriculteur, sans jamais apprendre à lire ou à écrire. Maintenant, alors que toutes les traditions des Bédouins ont disparu dans la Bande de Gaza, il n'a pas de terres, pas de bétail et ne survit que par les distributions alimentaires des Nations Unies et l'aide de ses enfants, dont deux sont mariés et ont la quarantaine. "Nous sommes presque morts. Nous n'avons pas d'argent, rien. Nous sommes épuisés", dit Ahmad.
Ahmad était sorti pour aller à une distribution de médicaments devant une pharmacie au moment du tir des missiles. Alors qu'il se précipitait chez lui, les ambulanciers étaient en train de rassembler les corps de ses enfants et il s'est effondré sur le sol devant eux. Depuis, les médecins palestiniens ont insisté avec lui pour qu'on envoie sa fille pour un traitement en Israël, mais cela leur a été jusqu'à présent refusé, avec l'affirmation qu'ils disposent du nécessaire pour une intervention chirurgicale dans la bande de Gaza.
"Israël doit la soigner, car c'est eux qui nous ont fait ça. Elle, elle est ce qui reste de notre famille", dit-il.
Sa deuxième fille blessée, Shaima, est moins gravement atteinte, avec sa jambe droite dans le plâtre et devrait bien récupérer, d'après les médecins. Les six autres enfants séjournent avec le plus âgé des fils, Ibrahim, 42 ans. "Les enfants ne peuvent pas dormir la nuit ici. Même moi, je ne peux pas le supporter", expliquait Abou Me'tiq. "Cette maison est vide. Il n'y a rien pour nous ici."
Consultez également :
- Le siège de Gaza met l'agriculture sous pression - 14 novembre 2008
- "Chacun pense à soi-même" - 14 novembre 2008
- Le blocus maritime prive les pêcheurs de Gaza des bancs de poisson - 13 novembre 2008
info-palestine
UNE SEMAINE A GAZA - RECIT N°4

Sa femme et quatre de ses enfants ont été tués dans une explosion devant son domicile à Beit Hanoun, à Gaza - Photo : Martin Godwin
Rory Mac Carthy s'entretient avec Ahmad Abou Me'tiq, qui a perdu sa femme et quatre de ses enfants dans une frappe aérienne israélienne.
Son lit est au troisième étage de l'hôpital Shifa de la Bande de Gaza, où les arbres dans le chaud soleil de l'après-midi atteignent la fenêtre. Le pavillon est bondé, et le lit sur lequel Asma Abou Me'tiq est étendue est séparé des autres et entouré par les couvertures que sa belle-sœur utilise lorsqu'elle dort sur le sol à côté d'elle la nuit.
C'est peut-être le meilleur hôpital de Gaza, mais même les familles les plus pauvres, comme celle d'Ahmad Abou Me'tiq, doivent fournir des denrées alimentaires elles-mêmes. Ahmad, le père d' Asma, arrive d'en bas avec un chauffe-plat électrique bon marché, qu'il a acheté à crédit à un marchand de sa connaissance. Il branche à la prise au mur pour chauffer un bol d'une légère soupe faite à la maison pour sa fille âgée de 13 ans, mais il n'y a pas de l'électricité ou alors la plaque chauffante, ne fonctionne pas. "Quelle malchance !", dit-il en silence à lui-même.
Puis il se retourne vers sa fille, qui est en train de tousser et a du mal à respirer en raison de sa profonde blessure au thorax. Elle n'a pas touché à ses repas depuis qu'elle a été transportée d'urgence à l'hôpital 10 jours auparavant : le jour où une explosion dehors dans la rue a démoli la porte en métal de leur maison, alors que la famille prenait le petit-déjeuner, la transperçant elle et sa jeune sœur, Shaima, sept ans, d' éclats d'obus et tuant purment et simplement quatre autres frères et sœurs et ainsi que sa mère.
"J' attends de te voir manger", dit son père. "Plus tard", dit Asma. Plusieurs minutes se sont écoulées. "Montre-moi comment tu manges", dit-il à nouveau. "Demain", répond-elle.
Comme c'est souvent le cas dans ce conflit parmi ceux des plus pénibles, les faits à l'origine de l'explosion qui a tué la femme et quatre enfants d'Ahmad Abou Me'tiq sont contestés. Tôt dans la matinée du 28 avril, il y avait eu des combats à Beit Hanoun après que les troupes israéliennes et des véhicules blindés eurent fait irruption dans l'est de la bande de Gaza.
Deux missiles ont été tirés par les soldats israéliens sur la rue devant la maison d'Abu Me'tiq, qui, d'après eux, visaient à quatre hommes armés "transportant des sacs à dos chargés de munitions et d'armes diverses." L'armée israélienne insiste sur le fait qu'il y a eu une explosion secondaire, causée par "l'arsenal" (des militants), qui a tué cinq membres de la famille Abu Me'tiq.
"L'enquête des experts des FDI (Forces de Défense Israéliennes = Tsahal.) stipule que la famille a été atteinte lors de l'explosion du deuxième missile qui a déclenché les explosions collatérales ou par des objets qui ont été projetés vers eux à cause de la force de l'explosion », a-t-il été déclaré . "Les FDI souhaitent exprimer leur tristesse pour tout dommage envers des civils hors de cause, dû à des organisations terroristes (qui) opèrent à partir de centres urbains, en les utilisant comme boucliers humains."
Néanmoins, la famille tient les militaires israéliens pour responsables des meurtres, comme le fait le principal organisme des droits de l'homme en Israël, B'Tselem, qui affirme qu'Israël a obligation de faire la distinction entre les civils et ceux qui prennent part aux combats. "Celui qui a tiré le missile porte la responsabilité de l'explosion qui a conduit à la mort les membres de la famille," à déclaré B'Tselem. "Le missile a été tiré sur un milicien qui se trouvait à l'entrée d'une enceinte résiditentielle densément habitée, en sachant qu'il transportait des munitions."
Ahmad Abou Me'tiq, 70ans, dit qu'il n'a pas reçu d'excuses directes de l'armée israélienne et aucune offre d'indemnisation pour la perte de sa femme Meyasar, 40 ans, et ses enfants, Rudeina, six ans, Salah, quatre ans, Hana, trois ans, et Mesid, âgé d'un an. Leur mort s'est ajoutée au tribut croissant et de plus en plus lourd d'enfants tués dans le conflit de Gaza.
Cette année seulement, au moins 44 enfants palestiniens ont été tués, selon un compte à la fin du mois d'avril du Centre Palestinien pour les Droits de l'Homme. L'ONU a établi le chiffre de 53 enfants morts et 177 enfants blessés jusqu'à présent cette année.
Malgré des pourparlers sur un cessez-le-feu, le nombre de morts de part et d'autre continue d'augmenter. Au moins 312 Palestiniens, dont plus de la moitié des civils, ont été tués cette année, selon le Centre Palestinien pour les Droits de l'Homme. Du côté israélien, six soldats et six civils ont trouvé la mort, le dernier étant Shuli Katz, 70 ans, qui a été tué lundi par une roquette tirée de Gaza par des miliciens à partir de Yesha, un village dans le sud d'Israël.
La famille Abou Me'tiq habite dans une modeste maison en béton d'un seul étage avec seulement des tapis et coussins pour mobilier et une radio cassée dans la salle avant. Les fenêtres sont dépourvues de carreaux et il y a des gros trous dans la tôle ondulée et l'amiante du toit.
Plusieurs partis politiques sont venus à la maison, promettant argent et soutien, et deux affiches du Hamas et un drapeau s'étalent à l'extérieur. Néanmoins Ahmad dit qu'il n'avait pas reçu d'argent, et il semble n'y avoir aucune trace de quelque soutien financier pour la famille. Il ne peut pas se rappeler pour qui il a voté aux élections, il y a deux ans, mais il pense que c'était pour l'une des plus petites factions de gauche, qui a maintenant peu d'influence dans la politique palestinienne.
Ahmad Abou Me'tiq est issu d'une famille de Bédouins, il est né dans un village près de Ashdod, dans ce qui est aujourd'hui Israël. Il a fui, à l'époque où il était un garçon, avec ses parents pendant la guerre de 1948 et a vécu la vie simple d'un agriculteur, sans jamais apprendre à lire ou à écrire. Maintenant, alors que toutes les traditions des Bédouins ont disparu dans la Bande de Gaza, il n'a pas de terres, pas de bétail et ne survit que par les distributions alimentaires des Nations Unies et l'aide de ses enfants, dont deux sont mariés et ont la quarantaine. "Nous sommes presque morts. Nous n'avons pas d'argent, rien. Nous sommes épuisés", dit Ahmad.
Ahmad était sorti pour aller à une distribution de médicaments devant une pharmacie au moment du tir des missiles. Alors qu'il se précipitait chez lui, les ambulanciers étaient en train de rassembler les corps de ses enfants et il s'est effondré sur le sol devant eux. Depuis, les médecins palestiniens ont insisté avec lui pour qu'on envoie sa fille pour un traitement en Israël, mais cela leur a été jusqu'à présent refusé, avec l'affirmation qu'ils disposent du nécessaire pour une intervention chirurgicale dans la bande de Gaza.
"Israël doit la soigner, car c'est eux qui nous ont fait ça. Elle, elle est ce qui reste de notre famille", dit-il.
Sa deuxième fille blessée, Shaima, est moins gravement atteinte, avec sa jambe droite dans le plâtre et devrait bien récupérer, d'après les médecins. Les six autres enfants séjournent avec le plus âgé des fils, Ibrahim, 42 ans. "Les enfants ne peuvent pas dormir la nuit ici. Même moi, je ne peux pas le supporter", expliquait Abou Me'tiq. "Cette maison est vide. Il n'y a rien pour nous ici."
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samedi 22 novembre 2008 - 07h:02
Rory McCarthy - The Guardian
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