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< 081121:0001 #22643# pager antilibéral Une [3 min] cadtm
par Charlotte Bozonnet - L'Humanité dimanche
Certaines de ces images ont fait le tour du monde. 1er mai 2006 : le premier président indien de l'histoire du continent, Evo Morales, proclame le contrôle de l'Etat sur les hydrocarbures en Bolivie. Six ans plus tôt, dans le même pays, des milliers d'habitants de Cochabamba, s'opposent, avec succès, à la privatisation de l'eau. En avril 2002, les Vénézuéliens descendent dans la rue pour mettre fin au coup d'Etat de la droite et des Etats-Unis contre Hugo Chavez.
Depuis dix ans, la pression des mouvements sociaux et l'élection de gouvernements progressistes ont fait de l'Amérique latine la région du monde où la remise en cause du modèle dominant est certainement la plus avancée. Au Venezuela, en Bolivie, et en Equateur, les gouvernements ont rompu avec les logiques néolibérales, en reprenant le contrôle public des richesses naturelles, en développant des programmes sociaux en faveur des plus défavorisés, et en affirmant les droits politiques des populations historiquement marginalisées. Des orientations affirmées à travers l'élaboration de nouvelles Constitutions. Si la Bolivie s'apprête à soumettre son projet constitutionnel à référendum, l'Equateur, dirigé par Rafael Correa, vient d'adopter la sienne.
Au niveau régional, l'Alternative bolivarienne pour les Amériques (Alba), qui réunit le Venezuela, la Bolivie, Cuba, et depuis peu le Honduras, a été créée en 2004 sur le principe d'une coopération régionale basée sur la complémentarité. Plusieurs milliers de médecins et infirmiers cubains ont ainsi fourni des soins au Venezuela en échange d'un accord pétrolier préférentiel. Le projet de Banque du Sud, lancé par Hugo Chavez en 2006 comme une alternative à la tutelle de la Banque mondiale et du FMI, réunit sept pays : la Bolivie, l'Equateur, le Venezuela, le Brésil, l'Argentine, le Paraguay et l'Uruguay. Des discussions sont également en cours pour la création d'un tribunal qui recevrait les plaintes des transnationales et des Etats, pour remplacer le CIRDI (tribunal de la Banque mondiale), très favorable aux multinationales. L'idée d'une monnaie commune est aussi avancée alors que l'instabilité du dollar est une plaie pour les échanges régionaux. En mai dernier, les dirigeants latino-américains se sont dotés d'une structure politique, l'Union des nations sud-américaines (UNASUR), pour régler leurs différends. C'est dans ce cadre qu'ils ont récemment exprimé leur appui unanime au président bolivien Evo Morales.
Aujourd'hui, tous sont d'accord pour dénoncer la politique du deux poids-deux mesures de la Banque mondiale et du FMI, mais leurs réponses divergent. « C'est la région qui prend le plus d'initiatives pour se singulariser de la politique dominante, mais parler de rupture serait exagéré, car s'il y a une volonté commune d'intégration, les avis divergent sur sa forme, entre un centre gauche favorable à un modèle européen, dominé par l'économique et le grand capital, et une gauche qui pousse pour une architecture véritablement alternative », explique Eric Toussaint, président du CADTM Belgique, et auteur de « Banque du Sud et nouvelle crise internationale » | 1. |. Les désaccords autour de la Banque du Sud incarnent ces dissensions. Le principe « un pays = une voix » inclus dans l'acte fondateur est ainsi remis en cause par le Brésil. « Pourtant, prévient Eric Toussaint, si ces pays ne vont pas plus vite, ils perdront une occasion historique. S'ils parvenaient à lancer rapidement la Banque du Sud, à créer un organisme régional pour les plaintes commerciales, à prendre des mesures de contrôle des capitaux, ils seraient un exemple pour le reste de la planète ».
Notes de bas de page:
| 1. | CADTM-Syllepse, 2008
cadtm
Certaines de ces images ont fait le tour du monde. 1er mai 2006 : le premier président indien de l'histoire du continent, Evo Morales, proclame le contrôle de l'Etat sur les hydrocarbures en Bolivie. Six ans plus tôt, dans le même pays, des milliers d'habitants de Cochabamba, s'opposent, avec succès, à la privatisation de l'eau. En avril 2002, les Vénézuéliens descendent dans la rue pour mettre fin au coup d'Etat de la droite et des Etats-Unis contre Hugo Chavez.
Depuis dix ans, la pression des mouvements sociaux et l'élection de gouvernements progressistes ont fait de l'Amérique latine la région du monde où la remise en cause du modèle dominant est certainement la plus avancée. Au Venezuela, en Bolivie, et en Equateur, les gouvernements ont rompu avec les logiques néolibérales, en reprenant le contrôle public des richesses naturelles, en développant des programmes sociaux en faveur des plus défavorisés, et en affirmant les droits politiques des populations historiquement marginalisées. Des orientations affirmées à travers l'élaboration de nouvelles Constitutions. Si la Bolivie s'apprête à soumettre son projet constitutionnel à référendum, l'Equateur, dirigé par Rafael Correa, vient d'adopter la sienne.
Au niveau régional, l'Alternative bolivarienne pour les Amériques (Alba), qui réunit le Venezuela, la Bolivie, Cuba, et depuis peu le Honduras, a été créée en 2004 sur le principe d'une coopération régionale basée sur la complémentarité. Plusieurs milliers de médecins et infirmiers cubains ont ainsi fourni des soins au Venezuela en échange d'un accord pétrolier préférentiel. Le projet de Banque du Sud, lancé par Hugo Chavez en 2006 comme une alternative à la tutelle de la Banque mondiale et du FMI, réunit sept pays : la Bolivie, l'Equateur, le Venezuela, le Brésil, l'Argentine, le Paraguay et l'Uruguay. Des discussions sont également en cours pour la création d'un tribunal qui recevrait les plaintes des transnationales et des Etats, pour remplacer le CIRDI (tribunal de la Banque mondiale), très favorable aux multinationales. L'idée d'une monnaie commune est aussi avancée alors que l'instabilité du dollar est une plaie pour les échanges régionaux. En mai dernier, les dirigeants latino-américains se sont dotés d'une structure politique, l'Union des nations sud-américaines (UNASUR), pour régler leurs différends. C'est dans ce cadre qu'ils ont récemment exprimé leur appui unanime au président bolivien Evo Morales.
Aujourd'hui, tous sont d'accord pour dénoncer la politique du deux poids-deux mesures de la Banque mondiale et du FMI, mais leurs réponses divergent. « C'est la région qui prend le plus d'initiatives pour se singulariser de la politique dominante, mais parler de rupture serait exagéré, car s'il y a une volonté commune d'intégration, les avis divergent sur sa forme, entre un centre gauche favorable à un modèle européen, dominé par l'économique et le grand capital, et une gauche qui pousse pour une architecture véritablement alternative », explique Eric Toussaint, président du CADTM Belgique, et auteur de « Banque du Sud et nouvelle crise internationale » | 1. |. Les désaccords autour de la Banque du Sud incarnent ces dissensions. Le principe « un pays = une voix » inclus dans l'acte fondateur est ainsi remis en cause par le Brésil. « Pourtant, prévient Eric Toussaint, si ces pays ne vont pas plus vite, ils perdront une occasion historique. S'ils parvenaient à lancer rapidement la Banque du Sud, à créer un organisme régional pour les plaintes commerciales, à prendre des mesures de contrôle des capitaux, ils seraient un exemple pour le reste de la planète ».
Notes de bas de page:
| 1. | CADTM-Syllepse, 2008
cadtm





