Depuis 7 jours 3 articles notables
Les Indiens organisent la lutte pour leurs droits
< 090619:1911 6 articles 4 min rss
Caroline Stevan
La pression – agricole, industrielle ou énergétique – sur la terre menace les zones indigènes. Partout sur le continent latino-américain, la contre-attaque est en cours
Les Indiens d’Amazonie ont remporté une victoire contre Lima. Lundi, le premier ministre, Yehude Simon, a promis l’abrogation des décrets autorisant l’exploitation de leurs terres. Mardi, il a annoncé sa démission. De violents affrontements – 34 morts et 200 blessés – auront cependant été nécessaires pour infléchir le gouvernement, après des mois de mobilisation pacifiste. Si elle y est la plus spectaculaire, l’offensive indigène est loin de se cantonner au Pérou. Des marches ont récemment été organisées en Colombie, la contestation indienne a également traversé l’Equateur, le Paraguay ou le Chili. Au Brésil, la Cour suprême a validé fin mars les limites d’une réserve aborigène, boutant de ce fait les riziculteurs blancs à l’extérieur d’une zone qu’ils avaient investie illégalement.
Pression de l’agro-industrie
L’enjeu central reste celui de la terre. D’autres problématiques existent – participation politique, défense d’une identité culturelle propre ou accès à l’éducation et au marché du travail, pour ceux qui habitent en ville notamment. Elles sont toutefois secondaires. «Tous les pays d’Amérique latine ont reconnu le droit des indigènes à avoir leurs territoires, avec plus ou moins d’autonomie, mais le poids des grands propriétaires terriens et de divers lobbies fait que ces acquis ne sont guère respectés», note Bruno Clément, responsable des programmes Brésil-Bolivie et Nicaragua pour l’ONG romande E-Changer.
Prospection minière et pétrolière au Pérou, barrages hydroélectriques ou fermes de saumon au Chili, exploitation forestière au Brésil: les «réserves» indiennes regorgent de ressources et suscitent nombre de convoitises, nationales et internationales. «La pression sur la terre augmente, du fait notamment du développement de l’agro-industrie, lui-même lié à l’essor des agrocarburants», confirme Capucine Boidin, maître de conférences à l’Institut des hautes études de l’Amérique latine (Iheal), à Paris. En réponse, les indigènes durcissent le ton.
«La lutte n’est pas nouvelle mais elle est plus politisée, précise Christian Gros, spécialiste de la région. Cela tient à la démocratisation générale du continent et au parcours même des leaders indiens, qui passent désormais par l’université.» En outre, les communautés peuvent s’appuyer sur des textes internationaux pour faire valoir leurs droits. A la convention 169 de l’Organisation internationale du travail, adoptée en 1989, a succédé en 2007 la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones.
«L’activisme indigène est devenu plus visible parce qu’il a l’appui de l’opinion publique internationale, soucieuse de la protection de l’environnement et de la survie de ces populations. Il bénéficie également de relais parmi les ONG, dont nous faisons partie», ajoute Sophie Baillon, porte-parole de Survival France. Si les Indiens des Andes ou d’Amazonie disposent de soutien à l’extérieur du continent, ils sont aussi davantage connectés entre eux. Un «sommet indigène» a été organisé fin mai à Puno, dans le sud-est du Pérou.
Quant au dernier forum social mondial, à Belém en janvier dernier, il avait pour thème l’Amazonie. «Il y a des liens et une volonté d’échanges de la part de ces groupes, mais la coordination reste toutefois compliquée du fait, notamment, de dizaines de langages différents, tempère Jean-Jacques Kourliandsky, chercheur à l’Institut de relations internationales et stratégiques à Paris. Les chefs d’Etat bolivien et nicaraguayen ont par ailleurs apporté leur soutien aux Indiens du Pérou, mais cela peut être interprété comme une instrumentalisation de la question, en raison de vieux contentieux entre ces pays.»
Présidée par l’Aymara Evo Morales depuis janvier 2006, la Bolivie semble vouée à rester une exception. L’Etat andin s’est doté de la Constitution la plus généreuse du continent quant aux droits indigènes, mais il est le seul pays de la zone habité par une majorité d’Indiens (60% environ). Et, là encore, la lutte pour la gestion des terres crée des remous depuis de nombreux mois.
Source : letemps
La pression – agricole, industrielle ou énergétique – sur la terre menace les zones indigènes. Partout sur le continent latino-américain, la contre-attaque est en cours
Les Indiens d’Amazonie ont remporté une victoire contre Lima. Lundi, le premier ministre, Yehude Simon, a promis l’abrogation des décrets autorisant l’exploitation de leurs terres. Mardi, il a annoncé sa démission. De violents affrontements – 34 morts et 200 blessés – auront cependant été nécessaires pour infléchir le gouvernement, après des mois de mobilisation pacifiste. Si elle y est la plus spectaculaire, l’offensive indigène est loin de se cantonner au Pérou. Des marches ont récemment été organisées en Colombie, la contestation indienne a également traversé l’Equateur, le Paraguay ou le Chili. Au Brésil, la Cour suprême a validé fin mars les limites d’une réserve aborigène, boutant de ce fait les riziculteurs blancs à l’extérieur d’une zone qu’ils avaient investie illégalement.
Pression de l’agro-industrie
L’enjeu central reste celui de la terre. D’autres problématiques existent – participation politique, défense d’une identité culturelle propre ou accès à l’éducation et au marché du travail, pour ceux qui habitent en ville notamment. Elles sont toutefois secondaires. «Tous les pays d’Amérique latine ont reconnu le droit des indigènes à avoir leurs territoires, avec plus ou moins d’autonomie, mais le poids des grands propriétaires terriens et de divers lobbies fait que ces acquis ne sont guère respectés», note Bruno Clément, responsable des programmes Brésil-Bolivie et Nicaragua pour l’ONG romande E-Changer.
Prospection minière et pétrolière au Pérou, barrages hydroélectriques ou fermes de saumon au Chili, exploitation forestière au Brésil: les «réserves» indiennes regorgent de ressources et suscitent nombre de convoitises, nationales et internationales. «La pression sur la terre augmente, du fait notamment du développement de l’agro-industrie, lui-même lié à l’essor des agrocarburants», confirme Capucine Boidin, maître de conférences à l’Institut des hautes études de l’Amérique latine (Iheal), à Paris. En réponse, les indigènes durcissent le ton.
«La lutte n’est pas nouvelle mais elle est plus politisée, précise Christian Gros, spécialiste de la région. Cela tient à la démocratisation générale du continent et au parcours même des leaders indiens, qui passent désormais par l’université.» En outre, les communautés peuvent s’appuyer sur des textes internationaux pour faire valoir leurs droits. A la convention 169 de l’Organisation internationale du travail, adoptée en 1989, a succédé en 2007 la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones.
«L’activisme indigène est devenu plus visible parce qu’il a l’appui de l’opinion publique internationale, soucieuse de la protection de l’environnement et de la survie de ces populations. Il bénéficie également de relais parmi les ONG, dont nous faisons partie», ajoute Sophie Baillon, porte-parole de Survival France. Si les Indiens des Andes ou d’Amazonie disposent de soutien à l’extérieur du continent, ils sont aussi davantage connectés entre eux. Un «sommet indigène» a été organisé fin mai à Puno, dans le sud-est du Pérou.
Quant au dernier forum social mondial, à Belém en janvier dernier, il avait pour thème l’Amazonie. «Il y a des liens et une volonté d’échanges de la part de ces groupes, mais la coordination reste toutefois compliquée du fait, notamment, de dizaines de langages différents, tempère Jean-Jacques Kourliandsky, chercheur à l’Institut de relations internationales et stratégiques à Paris. Les chefs d’Etat bolivien et nicaraguayen ont par ailleurs apporté leur soutien aux Indiens du Pérou, mais cela peut être interprété comme une instrumentalisation de la question, en raison de vieux contentieux entre ces pays.»
Présidée par l’Aymara Evo Morales depuis janvier 2006, la Bolivie semble vouée à rester une exception. L’Etat andin s’est doté de la Constitution la plus généreuse du continent quant aux droits indigènes, mais il est le seul pays de la zone habité par une majorité d’Indiens (60% environ). Et, là encore, la lutte pour la gestion des terres crée des remous depuis de nombreux mois.
"Sauve la Terre!" Liste d'informations environnementales pour les amis de la Vraie Vie
Source : letemps
Le CADTM est pleinement solidaire des luttes menées par les peuples indiens du Pérou et exige l'arrêt des négociations commerciales illégitimes
justice 4 all 090619:1408 Une cadtm 4 min rss open
par
CADTM
Depuis le 9 avril, les populations indigènes mènent une grève générale pacifique pour obtenir l'annulation de onze décrets pris par le gouvernement d'Alan Garcia pour livrer l'Amazonie péruvienne aux multinationales, en particulier aux compagnies pétrolières, forestières et minières, dans le cadre du Traité de libre commerce avec les États-Unis et en vue du futur Accord d'Association bilatérale avec l'Europe.
CADTM
Depuis le 9 avril, les populations indigènes mènent une grève générale pacifique pour obtenir l'annulation de onze décrets pris par le gouvernement d'Alan Garcia pour livrer l'Amazonie péruvienne aux multinationales, en particulier aux compagnies pétrolières, forestières et minières, dans le cadre du Traité de libre commerce avec les États-Unis et en vue du futur Accord d'Association bilatérale avec l'Europe.
Les Indiens d'Amazonie crient victoire
< 090619:2304 < 1 min rss open
par RFI
Article publié le 19/06/2009 Dernière mise à jour le 19/06/2009 à 16:06 TU
Les Indiens d'Amazonie ont obtenu gain de cause. Après deux mois de bras de fer avec l'Etat, ils ont finalement obtenu que le Parlement abroge deux décrets loi sur l'exploitation des ressources d'Amazonie par des entreprises étrangères. Le président Garcia a fait machine arrière devant l'ampleur de la contestation.
Article publié le 19/06/2009 Dernière mise à jour le 19/06/2009 à 16:06 TU
Les Indiens d'Amazonie ont obtenu gain de cause. Après deux mois de bras de fer avec l'Etat, ils ont finalement obtenu que le Parlement abroge deux décrets loi sur l'exploitation des ressources d'Amazonie par des entreprises étrangères. Le président Garcia a fait machine arrière devant l'ampleur de la contestation.
Pérou : Victoire indienne et populaire !
< 090621:1505 Stay oclibertaire 6 min rss open
Le 18 juin 2009 restera sans doute gravé comme une des dates importantes de l'histoire moderne des luttes indiennes en Amérique latine et plus particulièrement au Pérou, pays aux multiples communautés autochtones, andines comme amazoniennes.Voir en ligne : Se impuso la voluntad popular (USL pérou)
Pérou : Les indigènes font plier le gouvernement et les multinationales
< 090627:1223 Stay info-palestine 9 min rss open
La population amazonienne péruvienne regroupe 11% de la population totale du pays. Elle vit dans la plus vaste des trois régions naturelles du Pérou, le nord, le centre et l'orient. Elle parle des dizaines de langues et est composée de dizaines d'ethnies.samedi 27 juin 2009 - 04h:04
Hugo Blanco
La police lève violemment le blocus d'une route près de Bagua, 5 juin 2009© journaliste indépendant, courtesy Amazon Watch
Les habitants de la jungle sud-américaine sont les indigènes les moins contaminés par la « civilisation », dont l'étape actuelle est le capitalisme néolibéral.
« Ya Basta ! » Retour sur la révolte des Indiens de l'Amazonie péruvienne
< 090704:1600 Une article11 9 min rss open
Il y a un mois, au fin fond de l’Amazonie péruvienne, des communautés indiennes se révoltaient contre l’exploitation de leurs terres par des entreprises privées et contre la politique du gouvernement d’Alan Garcia sur la question. Après de violents affrontements, le gouvernement a - un peu - reculé. Tout sauf anodin dans un continent en pleine mutation.Enfer et damnation ! Il y a des articles que l'on commence et puis qu'on laisse traîner dans les entrailles d'un disque dur déjà surchargé. Et puis, un jour, on tombe dessus et on se dit que c'est dommage mais trop tard. Pour celui-ci, la date de péremption ne me semblait pas dépassée et je me suis contenté de le réactualiser un peu ; je vous laisse seuls juges de la pertinence de la manoeuvre...
