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Taxonomie : 1 noeud
Conférence de Richard Stallman sur le mécénat global
< 090909:0255 30940 4 articles pager system Stay 6 min 1 commentaire
Le 8 septembre 2009 aura été créée la première société de répartition des dons, ce qui de notre point de vue est un tournant décisif auquel nous nous attendions depuis de nombreuses années (sans toutefois être vraiment pris au sérieux mais c'est pas grave !).
Voici la première partie de la retranscription de la conférence donnée par Richard Stallman, créateur de la licence GNU qui a rendu populaire l'idée saugrenue de donner le fruit de son travail au moyen d'une licence de partage, à propos du mécénat global, qui concerne la rémunération des artistes et les système de redistribution équitable, qui par ailleurs était préconisé par Jésus lui-même bien avant la naissance des ordinateurs permettant le calcul des algorithmes ! (mais ce n'est qu'une parenthèse).
Richard Stallman,
le 8 septembre 2009 à Paris.
Je n'ai pas inventé le logiciel libre. Cela a existé depuis les années 50, mais j'ai lancé le mouvement pour le logiciel libre. C'est un mouvement de liberté pour les utilisateurs. On peut résumer ce mouvement en trois mots : liberté, égalité, fraternité. Bref toutes les choses que Sarkozy déteste !
Les programmes respectent la liberté des utilisateurs. Tout le monde est égal dans la mesure où nul n'a de pouvoir su quiconque. Et fraternité parce que nous encourageons la collaboration entre les utilisateurs.
Il y a essentiellement quatre libertés essentielles :
la liberté Zéro, la liberté d'exécuter le programme ;
la liberté numéro Un est celle d'étudier le code source du programme ;
la liberté numéro 2 est celle d'aider le voisin, et d'améliorer le programme ;
et la liberté numéro Trois est celle de pouvoir redistribuer la version modifiée du programme.
Avec ces quatre libertés les utilisateurs auront le contrôle du programme, individuellement et collectivement. Tous les logiciels doivent être libres, et les logiciels qui privent la liberté à l'utilisateur sont injustes, et ne doivent pas exister. C'est un problème social, et le but de notre mouvement est de corriger ce problème.
Après mes conférences sur le sujet des logiciels libres, quelques uns ont demandé si les mêmes idées peuvent s'appliquer à d'autres choses (*), et enfin j'ai conclu que toutes les oeuvres d'utilisation pratique doivent être libres, avec les mêmes règles de liberté.
Cela peut concerner aussi les oeuvres d'art, les oeuvres de témoignage et toutes les oeuvres dans le domaine social. Ces oeuvres peuvent être couvertes par le système de droits d'auteur, tant qu'ils ne durent pas très longtemps, j'ai proposé dix ans mais ce pourrait être 5 ou 15, tant que la liberté de partager est respectée.
Le croit de partager des oeuvres est essentiel pour des raisons fondamentales d'éthique. Et attaquer le partage, c'est attaquer la société.
La guerre contre le partage, menée par Sarkozy, est fondamentalement injuste.
L'HADOPI, n'est pas que mauvais pour des moyens injustes, mais plutôt pour des but injustes. Le but est d'éliminer la fraternité. En vérité HADOPI attaque « Liberté Egalité Fraternité ».
Il attaque la liberté d'utiliser, il attaque la liberté l'égalité parce que seulement quelques uns seraient autorisés à utiliser, et il attaque la fraternité car il interdit de partager.
Il a ciblé tous les droits de l'Homme en même temps.
Il faut faire plus qu'éliminer l'HADOPI, il faut légaliser le partage des copies des oeuvres publiées.
Cette liberté est essentielle, et l'état qui refuse (nie) cette liberté au peuple, est un état traître.
Ceux qui s'opposent à notre cause disent qu'il faut restreindre les utilisateurs, et mener la guerre contre le partage, afin de pouvoir payer les artistes, ce qui est un mensonge.
Ce qu'ils veulent n'est pas payer les artistes mais payer les éditeurs.
Les systèmes qu'ils proposent sont toujours pour subventionner, appuyer les éditeurs.
Quant aux artistes, s'ils meurent de faim cela leur est égal.
Ils paient très bien les stars, mais tout le reste s'ils meurent, il y en aura d'autres.
Payer les artistes est idiot, mais appuyer les Arts, ça ce serait un but que je pourrais appuyer.
J'ai donc proposé d'autres moyens d'appuyer les Arts, qui n'ont pas besoin d'interdire le partage, qui n'attaquent pas les libertés essentielles.
En 1992 quand les états unis ont proposé un système d'impôts qui a finalement été arrêté, j'ai proposé d'utiliser l'argent du pays dans un système efficace pour appuyer les arts. Il s'agissait simplement de ne pas donner cet argent aux entreprises mais simplement aux artistes.
La façon dont cet argent devait être redistribué aux artistes, à l'époque c'était spécifiquement dans le domaine de la musique, ne devait pas suivre une courbe linéaire en fonction de leur succès.
Donner mille fois plus d'argent aux stars qu'aux jeunes artistes est injuste. Avec un bon système de répartition il n'y a pas besoin que cet impôt soit très élevé, avec peu d'argent on peut obtenir une bien meilleure efficacité si si on suit une courbe non linéaire, comme celle de la racine cubique.
Avec la racine cubique, si le musicien A a mille fois le succès du musicien B, A recevra 10 fois plus d'argent que B (parce que la racine cubique de 1000 est 10).
De cette manière la majorité de l'argent sera donné à beaucoup d'artistes de popularité moyenne, afin d'appuyer efficacement l'Art.
En ce cas j'ai proposé un impôt sur les supports (d'enregistrement) vierges, mais d'où vient l'argent n'est pas une question si importante, puisque la quantité nécessaire n'est pas si grande. On a cet argent dans le budget. Ce n'est pas même obligatoire de créer un impôt spécifique.
Etant donné que le partage des copies appuie les artistes, il n'est nul besoin de l'interdire.
Mais la plupart des américains détestent les impôts, irrationnellement, alors j'ai proposé une autre idée :
Imagine que chaque outil pour jouer les oeuvres ait un bouton pour envoyer un euro à l'artiste de l'oeuvre que vous être en train de regarder ou d'écouter.
Vous pouvez appuyer, ou non, ce n'est pas une obligation, mais c'est facile !
Quand j'achète les disques de musique commerciale, ce que je fais assez souvent, j'ai honte parce que je sais que je n'appuie pas les musiciens. Je reconnais que les éditeurs de disque, normalement ne paient pas les musiciens. Ils ont des excuses dans le contrat pour au final ne pas les payer.
Et donc je voudrais bien envoyer quelque chose aux musiciens.
C'est trop difficile. Peut être il y aurait quelque chose comme Paypal sur le site web de l'artiste, si vous pouvez le trouver, mais tout cela je ne le fais jamais. J'achète le disque avec de l'argent en liquide pour garder l'anonymat. Mais si je pouvais envoyer de l'argent facilement sans m'identifier, et sans avoir à chercher son compte, je le ferais.
Tout le monde le ferait, mais les pauvres non, car ils ne le peuvent pas. Mais il n'y a pas besoin d'écraser les pauvres pour appuyer les arts.
Il y a assez de riches ou de suffisamment riches pour envoyer un euro par semaine, ce qui n'est presque rien.
Qui ne le ferait pas ?
As-tu envoyé Un euro cette semaine à l'artiste que tu aimes écouter ? Pourquoi ne pas l'envoyer, c'est si peu ! Qu'est-ce que tu pourras acheter pour Un euro ?
Appuie sur le bouton !
Parce que c'est aimable et gentil de le faire, parce que c'est dans la nature humaine, les gens le feront.
(A suivre)
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Voici la première partie de la retranscription de la conférence donnée par Richard Stallman, créateur de la licence GNU qui a rendu populaire l'idée saugrenue de donner le fruit de son travail au moyen d'une licence de partage, à propos du mécénat global, qui concerne la rémunération des artistes et les système de redistribution équitable, qui par ailleurs était préconisé par Jésus lui-même bien avant la naissance des ordinateurs permettant le calcul des algorithmes ! (mais ce n'est qu'une parenthèse).
Richard Stallman,
le 8 septembre 2009 à Paris.
Je n'ai pas inventé le logiciel libre. Cela a existé depuis les années 50, mais j'ai lancé le mouvement pour le logiciel libre. C'est un mouvement de liberté pour les utilisateurs. On peut résumer ce mouvement en trois mots : liberté, égalité, fraternité. Bref toutes les choses que Sarkozy déteste !
Les programmes respectent la liberté des utilisateurs. Tout le monde est égal dans la mesure où nul n'a de pouvoir su quiconque. Et fraternité parce que nous encourageons la collaboration entre les utilisateurs.
Il y a essentiellement quatre libertés essentielles :
la liberté Zéro, la liberté d'exécuter le programme ;
la liberté numéro Un est celle d'étudier le code source du programme ;
la liberté numéro 2 est celle d'aider le voisin, et d'améliorer le programme ;
et la liberté numéro Trois est celle de pouvoir redistribuer la version modifiée du programme.
Avec ces quatre libertés les utilisateurs auront le contrôle du programme, individuellement et collectivement. Tous les logiciels doivent être libres, et les logiciels qui privent la liberté à l'utilisateur sont injustes, et ne doivent pas exister. C'est un problème social, et le but de notre mouvement est de corriger ce problème.
Après mes conférences sur le sujet des logiciels libres, quelques uns ont demandé si les mêmes idées peuvent s'appliquer à d'autres choses (*), et enfin j'ai conclu que toutes les oeuvres d'utilisation pratique doivent être libres, avec les mêmes règles de liberté.
(*) ah oui c'est vrai, deux heures plus tard nous avons posé exactement cette même question...
Cela peut concerner aussi les oeuvres d'art, les oeuvres de témoignage et toutes les oeuvres dans le domaine social. Ces oeuvres peuvent être couvertes par le système de droits d'auteur, tant qu'ils ne durent pas très longtemps, j'ai proposé dix ans mais ce pourrait être 5 ou 15, tant que la liberté de partager est respectée.
Le croit de partager des oeuvres est essentiel pour des raisons fondamentales d'éthique. Et attaquer le partage, c'est attaquer la société.
La guerre contre le partage, menée par Sarkozy, est fondamentalement injuste.
L'HADOPI, n'est pas que mauvais pour des moyens injustes, mais plutôt pour des but injustes. Le but est d'éliminer la fraternité. En vérité HADOPI attaque « Liberté Egalité Fraternité ».
Il attaque la liberté d'utiliser, il attaque la liberté l'égalité parce que seulement quelques uns seraient autorisés à utiliser, et il attaque la fraternité car il interdit de partager.
Il a ciblé tous les droits de l'Homme en même temps.
Il faut faire plus qu'éliminer l'HADOPI, il faut légaliser le partage des copies des oeuvres publiées.
Cette liberté est essentielle, et l'état qui refuse (nie) cette liberté au peuple, est un état traître.
Ceux qui s'opposent à notre cause disent qu'il faut restreindre les utilisateurs, et mener la guerre contre le partage, afin de pouvoir payer les artistes, ce qui est un mensonge.
Ce qu'ils veulent n'est pas payer les artistes mais payer les éditeurs.
Les systèmes qu'ils proposent sont toujours pour subventionner, appuyer les éditeurs.
Quant aux artistes, s'ils meurent de faim cela leur est égal.
Ils paient très bien les stars, mais tout le reste s'ils meurent, il y en aura d'autres.
Payer les artistes est idiot, mais appuyer les Arts, ça ce serait un but que je pourrais appuyer.
J'ai donc proposé d'autres moyens d'appuyer les Arts, qui n'ont pas besoin d'interdire le partage, qui n'attaquent pas les libertés essentielles.
En 1992 quand les états unis ont proposé un système d'impôts qui a finalement été arrêté, j'ai proposé d'utiliser l'argent du pays dans un système efficace pour appuyer les arts. Il s'agissait simplement de ne pas donner cet argent aux entreprises mais simplement aux artistes.
La façon dont cet argent devait être redistribué aux artistes, à l'époque c'était spécifiquement dans le domaine de la musique, ne devait pas suivre une courbe linéaire en fonction de leur succès.
Donner mille fois plus d'argent aux stars qu'aux jeunes artistes est injuste. Avec un bon système de répartition il n'y a pas besoin que cet impôt soit très élevé, avec peu d'argent on peut obtenir une bien meilleure efficacité si si on suit une courbe non linéaire, comme celle de la racine cubique.
Avec la racine cubique, si le musicien A a mille fois le succès du musicien B, A recevra 10 fois plus d'argent que B (parce que la racine cubique de 1000 est 10).
De cette manière la majorité de l'argent sera donné à beaucoup d'artistes de popularité moyenne, afin d'appuyer efficacement l'Art.
En ce cas j'ai proposé un impôt sur les supports (d'enregistrement) vierges, mais d'où vient l'argent n'est pas une question si importante, puisque la quantité nécessaire n'est pas si grande. On a cet argent dans le budget. Ce n'est pas même obligatoire de créer un impôt spécifique.
Etant donné que le partage des copies appuie les artistes, il n'est nul besoin de l'interdire.
Mais la plupart des américains détestent les impôts, irrationnellement, alors j'ai proposé une autre idée :
Imagine que chaque outil pour jouer les oeuvres ait un bouton pour envoyer un euro à l'artiste de l'oeuvre que vous être en train de regarder ou d'écouter.
Vous pouvez appuyer, ou non, ce n'est pas une obligation, mais c'est facile !
Quand j'achète les disques de musique commerciale, ce que je fais assez souvent, j'ai honte parce que je sais que je n'appuie pas les musiciens. Je reconnais que les éditeurs de disque, normalement ne paient pas les musiciens. Ils ont des excuses dans le contrat pour au final ne pas les payer.
Et donc je voudrais bien envoyer quelque chose aux musiciens.
C'est trop difficile. Peut être il y aurait quelque chose comme Paypal sur le site web de l'artiste, si vous pouvez le trouver, mais tout cela je ne le fais jamais. J'achète le disque avec de l'argent en liquide pour garder l'anonymat. Mais si je pouvais envoyer de l'argent facilement sans m'identifier, et sans avoir à chercher son compte, je le ferais.
Tout le monde le ferait, mais les pauvres non, car ils ne le peuvent pas. Mais il n'y a pas besoin d'écraser les pauvres pour appuyer les arts.
Il y a assez de riches ou de suffisamment riches pour envoyer un euro par semaine, ce qui n'est presque rien.
Qui ne le ferait pas ?
As-tu envoyé Un euro cette semaine à l'artiste que tu aimes écouter ? Pourquoi ne pas l'envoyer, c'est si peu ! Qu'est-ce que tu pourras acheter pour Un euro ?
Appuie sur le bouton !
Parce que c'est aimable et gentil de le faire, parce que c'est dans la nature humaine, les gens le feront.
(A suivre)
8119
Par newsnet :: 090909:0322
voir aussi tout ce qui est tagué "system" à propos de la politique algorithmique
Conférence de Richard Stallman sur le mécénat global (2ième partie)
< 090910:0336 30962 pager Une 8 min ouvrir
Ensuite est apparue une autre idée, qui s'appelle le mécénat global.
Il y avait une proposition pour une licence globale, qui a été proposée en mars comme alternative à l'HADOPI, qui était une fraude. Cette licence globale était un moyen de subventionner les éditeurs.
Leur idée était de compenser les « ayant-droits ». « Compenser » suppose qu'ayant écouté un morceau de musique, vous ayez une dette envers les musiciens, ce qui est absurde.
Il y avait une proposition pour une licence globale, qui a été proposée en mars comme alternative à l'HADOPI, qui était une fraude. Cette licence globale était un moyen de subventionner les éditeurs.
Leur idée était de compenser les « ayant-droits ». « Compenser » suppose qu'ayant écouté un morceau de musique, vous ayez une dette envers les musiciens, ce qui est absurde.
Une société d'abondance ?
< 090910:0339 30964 pager system Stay 8119 11 min ouvrirParu dans dav/futur le 090910:0338Suite à : Conférence de Richard Stallman sur le mécénat global
Revenons sur notre question et la réponse de Richard Stallman :
Question (8119) :
N'êtes vous pas impatient de voir s'appliquer des méthodes équivalentes à toutes les strates de l'économie ?
Richerd Stallman (réponse immédiate) :
Non !
J'ai développé un autre système de développement des logiciels, mais est-ce qu'on peut construire des bâtiments comme ça ? Peut-être pas parce quand on développe des logiciels on crée toujours quelque chose de différent. Il n'est pas besoin de faire la même chose mille fois de suite.