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Dossiers
1. Révolte contre l'UE et le FMI: la Grèce, l'Islande et la Lettonie pourraient montrer la voie 2. Les velociraptors économiques 3. La police de Dubaï communique les noms et les photos des criminels du Mossad 4. Samedi 6 Mars : repousser l'occupant israélien et ses collabos ! 5. Le Commandant Jorge Briceño (FARC) répond au général Padilla 6. SHEIKH JARRAH : la judaïsation forcée et criminelle de Jérusalem continue 7. Mexique : Les militaires doivent être jugés par des tribunaux civils 8. Nouvelles provocations israéliennes et affrontements à Jérusalem-Est 9. Israël et la « Petite-Bretagne » 10. L'occupation assiège totalement la ville occupée d'al Qods et al-Aqsa 11. Le contrôle politique et militaire de nos sociétés 12. Iraq. A l'heure de la désunion 13. Qui s'élève contre l'invasion et le bouclage de la mosquée d'al-Aqsa ? 14. ÉLECTIONS PARLEMENTAIRES IRAKIENNES : UN RENDEZ-VOUS DE DUPES 15. MAL-VENUE, MAL-AIMEE, C'EST LA MONNAIE DES FAUX-MONNAYEURS! 16. Un Professeur de Harvard préconise des mesures génocidaires pour freiner les naissances palestiniennes 17. Rapports sur les violations israéliennes des droits humains 2010 18. « Le chaos, banalité quotidienne » par Immanuel Wallerstein 19. En réponse au Premier Ministre français : le BDS promeut la justice et les droits universels 20. Un enfant de 12 ans devant un tribunal militaire israélien 21. Sète : Plus de 1 300 personnes ont manifesté contre l'implantation d'Agrexco sur le port 22. ESPAGNE-FRANCE-COLOMBIE : L'empire des médias sous les médias de l'Empire 23. Où en est la critique des médias ? Entretien avec Henri Maler de l'association Acrimed 24. Loppsi: TF1 manque à l'honnêteté de l'information 25. Coca-Cola a tenté d'interdire la diffusion d'un film documentaire dénonçant ses pratiques sociales en Colombie 26. HAARP: Il faut se méfier des expérimentations de guerre climatique réalisées par l'armée des États-Unis 27. Guantanamo disséminé dans 66 pays 28. Welcome To The World's First Murdochracy 29. Soutenu par les États Unis, Porfirio Lobo légitime le coup d'État en lui succédant 30. Cuba n'accepte ni les pressions ni les chantages ALBERTO NÚÑEZ BETANCOURT 31. Mullen Wary of Israeli Attack on Iran 32. Appel à mobilisation : procès Corrie en Israël 33. Situation et stratégie du groupe News Corporation de Rupert Murdoch 34. Papandreou promet à Berlin d'imposer un plan d'austérité 35. Haïti : les mercenaires flairent un marché juteux 36. La France va-t-elle aider Israël à construire sa 2ème centrale nucléaire ?! 37. Espagne : la Phalange fasciste autorisée à s'associer à la poursuite contre le juge Baltazar Garzón 38. le cas d'Orlando Zapata: il faut que les Etats-Unis arrêtent leur guerre criminelle et absurde contre Cuba par danielle Bleitrach 39. Evo Morales, Président pull-over 40. Execution d'enfants afghans menottés, Il ne se passe rien! La presse des Etats-Unis le cache 41. Haïti : Le gouvernement a ordonné l'évacuation de la capitale

1. Le système d'information et la guerre contre l'Irak 2. Bienvenue dans la première « Murdocratie » au monde 3. La population considérée comme un «ennemi d'État » 4. L'Amérique, empire fragile, par Niall Ferguson 5. Israël espère-t-il déclencher une nouvelle vague d'attentats-suicide ? 6. Collusion entre Washington et criminels argentins 7. Soutenu par les États Unis, Porfirio Lobo légitime le coup d'État en lui succédant 8. Une répartition équitable des biens est incompatible avec l'OMC actuelle 9. Abandonner les moules de pensée sclérosés : De nouveaux systèmes monétaires pour sortir de la crise 10. Les biocarburants provoquent des famines 11. LES DANGERS QUI NOUS MENACENT 12. Le Good Club et Son Cheptel - Bill Gates parle de « vaccins pour réduire la population » 13. L'Europe envisage-t-elle de donner son accord aux colonies israéliennes ? 14. Les contradictions du système alimentaire mondial 15. Le 11-Septembre et la crise économique aux Etats-Unis 16. ISLANDE : un « Non » franc et massif à la Loi Icesave - Un dossier pour comprendre 17. Gaza entre les Malouines et Guantanamo‏ 18. Un système est un contexte 19. Le contrôle politique et militaire de nos sociétés 20. Internet, source de l'exploitation capitaliste ? - Le Scarabée 21. Rêve de Geek, théorie du complot ou réalité : choisir tu devras 22. Henri Maler, « Un microcosme médiatico-politique fermé sur lui-même » 23. Execution d'enfants afghans menottés, Il ne se passe rien! La presse des Etats-Unis le cache 24. L'esprit coopératif pour sortir de la crise 25. La candidature d'El Baradei à la présidence de l'Egypte : Yes we can ! 26. Eric Toussaint : Dans la crise globale actuelle, il faut prendre une option anticapitaliste avec la participation des mouvements sociaux 27. AUX SOURCES DU CHAOS MONDIAL ACTUEL 28. Conflit au Congo : « Terminator » vit dans le luxe, les Casques bleus sont en contemplation 29. Les élections régionales de mars 2010 : un voile démocratique peut cacher une dictature. 30. Israël : Assassiner pour exister 31. Apartheid, épuration ethnique, génocide ... que faut-il dire ? 32. « Le chaos, banalité quotidienne » par Immanuel Wallerstein 33. Grèce : le CADTM condamne le plan d'austérité qui entraîne d'importantes régressions sociales 34. Robert Gates : le troisième homme, le monsieur guerre des Etats-Unis 35. La non-violence : le mythe et les réalités 36. Mazin Qumsiyeh : « L'armée israélienne me cherche » 37. Chili : Tremblement de terre, la barre de sécurité socialiste du Chili par Naomi Klein 38. COLOMBIE : Le tout-puissant Uribe Vélez a échoué

1. Video, solidarité avec le peuple grec en grève aujourd'hui 11 mars 2010 2. Il est temps de faire la révolution aux Etats-Unis: 15 raisons à cela 3. L'IRAK D'HAMMOURABI : Pour en finir avec la démocratie aéroportée 4. Honduras/Europe : la société civile désavoue le Parlement Européen 5. La Grande-Bretagne va protéger les criminels de guerre israéliens 6. Conclusions de la première session internationale du Tribunal Russel sur la Palestine 7. L'AFFAIRE COCA COLA: UNE BOISSON ROUGE... SANG 8. Protéger la biodiversité est devenu hors-la-loi, la guérilla contre les OGM se fait potagère 9. La patate chaude des prisons secrètes de l'ère Bush 10. Le Capital financier et la crise de la dette grecque 11. Jusqu'à quand le mécanisme yankee de la désinformation? par Jean-Guy Allard 12. Par consentement éclairé 13. Dette externe : Le peuple islandais montre la voie à l'Argentine 14. Lula: je ne veux pas qu'il se répète en Iran se qui est arrivé en irak 15. Bolivie : Ni calqué ni copié (analyse sans concession du socialisme bolivien) 16. Des révolutionnaires palestiniennes à la Journée internationale de la Femme 17. ALLEMAGNE : La campagne contre Goldstone, Finkelstein, Hermann Dierkes et d'autres 18. Le système mondial est en grande partie responsable des échecs africains 19. Sarkozy se fait l'écho de la ligne dure de l'Allemagne sur la crise de l'endettement de la Grèce 20. Appel syndical : La Justice est en danger ! 21. Coca-Cola a tenté d'interdire la diffusion d'un film documentaire dénonçant ses pratiques sociales en Colombie 22. Actualité de Bourdieu 23. Situation et stratégie du groupe News Corporation de Rupert Murdoch 24. L'actualité du franquisme: la menace de poursuites se rapproche du juge Garzon par Danielle Bleitrach 25. Haïti : un test pour l'humanité 26. La duperie des Oscars 27. La France va-t-elle aider Israël à construire sa 2ème centrale nucléaire ?! 28. H1N1 : La santé publique en réanimation 29. Islande : le CADTM salue le Non massif au référendum sur la loi Icesave 30. Papandreou promet à Berlin d'imposer un plan d'austérité 31. La Colombie ou le réalisme merveilleux, le mensonge, le sang et les larmes... 32. Les mercenaires encerclent Haïti By BILL QUIGLEY 33. De la démocratie à la chinoise par Laurent Devaux 34. Afghanistan : Pourquoi est-ce que nous combattons ? Pour ça ? 35. Le pays où on jette à la rue tout le personnel d'un lycée pour « incompétence » et où les banksters ont encore bien des sous à se faire 36. PIGS et combats de rue : nous sommes tous des cochons grecs ! 37. LA MONNAIE DES FAUX-MONNAYEURS (suite) 38. Vive l'Islande Libre ! Historique : 93,3 % de Non au référendum sur la dette 39. Espagne : la Phalange fasciste autorisée à s'associer à la poursuite contre le juge Baltazar Garzón 40. Les grèves en Europe et les syndicats 41. Notre incompréhensible Soleil 42. Evo Morales, Président pull-over 43. La morale kantienne et le clostridium botulium béhachétien 44. Révélations d'une source interne à EDF : l'EPR risque l'accident nucléaire ! 45. Iraq. A l'heure de la désunion 46. Victoire du « non » attendue au référendum Icesave en Islande 47. Où en est la critique des médias ? Entretien avec Henri Maler de l'association Acrimed 48. la journée de la femme, pour vous ALEKA et Marie-do 49. (VIDEO) El Che de Korda: C'est l'anniversaire des 50 ans de la photo la plus reproduite au monde et du cri Patria o Muerte! 50. Réponse de Yousef Munayyer aux propositions génocidaires de Martin Kramer : Les jeunes de Gaza ne sont pas « superflus » 51. Paul Craig Roberts doit des excuses au peuple irakien 52. 11 Septembre : le making off d'une propagande 53. Les FARC-EP s'adressent aux chefs d'état de l'Amérique latine et de la Caraibe réunis à Cancun 54. Le dernier crime du Mossad : une étape pour Israël vers l'autodestruction 55. La force de dissuasion du Hizbullah 56. Le déploiement militaire en Afghanistan fait tomber le gouvernement hollandais 57. Vendre des armes à la Russie ? Pas de problèmes, « elle n'en fera pas mauvais usage’... 58. Simple crise financière ou crise politico-stratégique pour les Etat-Unis ? 59. Rapport: La ville d'Al-Quds face à des plans sionistes des plus cruels 60. Le journal The Observer, Israël et le langage de la guerre 61. ESPAGNE : Jusqu'où peut aller l'effronterie du trucage médiatique ? Un enfant-soldat asiatique chez les FARC... 62. L'enseignement du Mossad 63. RD Congo : La malédiction du coltan 64. Mexique : crime organisé, terrorisme d'Etat 65. Angleterre : ils se transforment en serpillières devant les pressions juives 66. Que l'Islande dise non à l'injustice et à l'austérité ! 67. La City de Londres : Un Etat (dans l'Etat) criminel, agent du Nouvel Ordre Mondial 68. lettre de protestation à F. Fillon. Signez la sur le site de l'Association France Palestine Solidarité 69. Chine : Réinventer l'économie, une priorité pour 2010 selon la CCPPC 70. Des tueries à caractère social 71. Une violente tempête fait 52 morts en France 72. France : Les syndicats mettent fin à la grève des contrôleurs aériens 73. La face noire de l'Italie 74. COLOMBIE : Un des douze apôtres en prison. Mais tous les chemins mènent à Uribe 75. ESPAGNE-FRANCE-COLOMBIE : L'empire des médias sous les médias de l'Empire 76. Lu, vu, entendu : « Délicatesses »



1. Mazin Qumsiyeh : « L'armée israélienne me cherche » 2. AUX SOURCES DU CHAOS MONDIAL ACTUEL 3. Internet, ce formidable outil d'accès à la connaissance (ou pas) 4. Le contrôle politique et militaire de nos sociétés 5. Chili : Tremblement de terre, la barre de sécurité socialiste du Chili par Naomi Klein 6. Lu, vu, entendu : « Délicatesses » 7. ISLANDE : un « Non » franc et massif à la Loi Icesave - Un dossier pour comprendre 8. Victoire du « non » attendue au référendum Icesave en Islande 9. La non-violence : le mythe et les réalités 10. Abandonner les moules de pensée sclérosés : De nouveaux systèmes monétaires pour sortir de la crise 11. ESPAGNE : Jusqu'où peut aller l'effronterie du trucage médiatique ? Un enfant-soldat asiatique chez les FARC... 12. Notre incompréhensible Soleil 13. Finkelstein fiche la trouille à une certaine Allemagne 14. ESPAGNE-FRANCE-COLOMBIE : L'empire des médias sous les médias de l'Empire 15. Execution d'enfants afghans menottés, Il ne se passe rien! La presse des Etats-Unis le cache 16. La City de Londres : Un Etat (dans l'Etat) criminel, agent du Nouvel Ordre Mondial 17. COLOMBIE : Le tout-puissant Uribe Vélez a échoué 18. Simple crise financière ou crise politico-stratégique pour les Etat-Unis ? 19. Le Good Club et Son Cheptel - Bill Gates parle de « vaccins pour réduire la population » 20. L'enseignement du Mossad 21. 11 Septembre : le making off d'une propagande 22. COLOMBIE : Un des douze apôtres en prison. Mais tous les chemins mènent à Uribe 23. Une violente tempête fait 52 morts en France 24. Nouvelles provocations israéliennes et affrontements à Jérusalem-Est 25. RD Congo : La malédiction du coltan 26. Scanners corporels: deux femmes voilées refoulées 27. la journée de la femme, pour vous ALEKA et Marie-do 28. Apartheid, épuration ethnique, génocide ... que faut-il dire ? 29. Grèce : le CADTM condamne le plan d'austérité qui entraîne d'importantes régressions sociales 30. Qui empoisonne ainsi (littéralement) les relations entre chrétiens et musulmans au Nigeria ? 31. Le 11-Septembre et la crise économique aux Etats-Unis 32. Les élections régionales de mars 2010 : un voile démocratique peut cacher une dictature. 33. Les FARC-EP s'adressent aux chefs d'état de l'Amérique latine et de la Caraibe réunis à Cancun 34. Angleterre : ils se transforment en serpillières devant les pressions juives 35. « Le chaos, banalité quotidienne » par Immanuel Wallerstein 36. Robert Gates : le troisième homme, le monsieur guerre des Etats-Unis 37. Rêve de Geek, théorie du complot ou réalité : choisir tu devras 38. Chine : Réinventer l'économie, une priorité pour 2010 selon la CCPPC 39. (VIDEO) El Che de Korda: C'est l'anniversaire des 50 ans de la photo la plus reproduite au monde et du cri Patria o Muerte! 40. Vive l'Islande Libre ! Historique : 93,3 % de Non au référendum sur la dette 41. Que l'Islande dise non à l'injustice et à l'austérité ! 42. Haïti : un test pour l'humanité 43. LA MONNAIE DES FAUX-MONNAYEURS (suite) 44. Révélations d'une source interne à EDF : l'EPR risque l'accident nucléaire ! 45. Le déploiement militaire en Afghanistan fait tomber le gouvernement hollandais 46. Rapport n° 60 sur les violations israéliennes des droits humains 47. La face noire de l'Italie 48. Israël : Assassiner pour exister 49. Où en est la critique des médias ? Entretien avec Henri Maler de l'association Acrimed 50. PIGS et combats de rue : nous sommes tous des cochons grecs !

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Décès d'Howard Zinn : l'Amérique perd sa boussole

C'était il y a quelques mois, dans une librairie parisienne. L'historien américain Howard Zinn prenait la parole pour une longue conférence. On en était ressorti joyeux, content de le savoir si vivant du haut de ses 87 ans, si combatif, à l'image de ses livres. On en avait déduit qu'il était invulnérable. On avait tort. A titre de témoignage, Article11 reproduit cette intervention.

Republication

jeudi 28 janvier 2010, par Lémi et JBB



Sale nouvelle. Howard Zinn est mort hier à l'âge de 87 ans. On l'aurait voulu immortel, voire plus. On y croyait presque d'ailleurs. De l'avoir vu il y a quelques mois prendre la parole lors d'une passionnante conférence parisienne (retranscrite ci-dessous), clair et didactique, impressionnant de pédagogie et d'intelligence, mais aussi de gentillesse et d'attention, on pensait que le temps ne pouvait s'attaquer à quelqu'un comme lui. Trop d'énergie, de dignité et de volonté étaient contenues dans cet homme. Un vieux, lui ? Pff, il en aurait remontré à n'importe lequel de nos énergumènes médiatiques d'un simple claquement de doigt. Alors, mourir... Non, ce n'était pas à l'ordre du jour. Impossible.

Mais voilà, l'évidence est là, difficile de la nier : l'un des intellectuels le plus indispensable de notre époque est mort. Il faut s'y faire.

Il y aurait tant à dire pour saluer son oeuvre. Évoquer ses livres, surtout. D'abord le plus personnel, De l'Impossible neutralité, autobiographie militante dont le titre disait tout et qui revenait sur ses innombrables combats politiques. Une Histoire populaire des États-Unis, ensuite, ouvrage ayant réussi le tour de force de réconcilier approche historique critique et succès en librairie. La pièce de théâtre En Suivant Emma, vibrant hommage à la militante anarchiste Emma Goldman se lisant d'une traite. Ou bien...

Passer en revue l'ensemble de ses écrits fondamentaux et de ses interventions publiques ne suffiraient pas à faire le tour du personnage. Toujours, on sera loin du compte. Récemment encore, sur le blog de son éditeur français, Agone, il démontait vigoureusement le choix de décerner le prix Nobel de la paix à Obama : Le prix nobel de la paix, c'est la guerre ! », s'offusquait-il, rare voix à publiquement souligner l'évidence. C'est ainsi qu'il continuait dans la voie qu'il s'était choisie, sans jamais dévier d'un pouce.

On va éviter le pathos. Mais, bordel, un monde sans Howard Zinn ?

A titre exceptionnel, nous avons choisi de te copier-coller ci-dessous la retranscription de la conférence qu'Howard Zinn avait donné en juin 2009 à la librairie Quilombo.



D'abord il a commencé par se frotter à la langue française. Courageux. Les mots ne coulaient pas tout seul. Discours heurté, hésitant, on se demandait presque - sacrilège ! - si son grand âge (87 ans) n'avait pas fini par le réduire un tantinet au silence, à l'hésitation en tout cas. Au ralenti, il a donc commencé par évoquer ses livres, un par un. S'excusant en souriant : « J'espère que vous allez ignorer mes erreurs grammaticales, pas mes erreurs théoriques. »

D'Une Histoire populaire des Etats-Unis, oeuvre monumentale proposant une vision inversée, marxiste, de l'ensemble de l'histoire des USA (pas l'histoire des puissants, mais celle des masses : syndicats, noirs, indiens, ouvriers...), il a expliqué le succès en librairie aux Etats-Unis (plus d'un million d'exemplaires vendus !) et ailleurs par ces quelques mots : « Je crois que la raison pour laquelle mon livre a eu une telle réception, c'est qu'il n'y en a pas d'autres comme ça. » Une évidence qui pourrait s'appliquer à toute son oeuvre, elle qui surfe allègrement à contre-courant de l'histoire officielle, remplit un vide intellectuel frappant. Si bien qu'on a aucun scrupule à affirmer en le paraphrasant que d'historien contemporain aussi fondamental, « il n'y en pas d'autres comme ça. »

De L'Impossible Neutralité, recension magnifique de toute une vie consacrée à l'engagement militant, pour les droits de civiques des noirs, contre la guerre du Vietnam, contre l'impérialisme américain, contre la guerre en Irak, il s'est contenté de dire, pudiquement, que c'était « un livre plus personnel, plus intime que les autres. » On ajoutera que c'est un livre qui réconciliera avec l'idée d'engagement intellectuel tous ceux qui voudraient enfermer à double tour l'intellectuel dans sa tour d'ivoire. Et distille à chaque page des enseignements précieux (entre mille :« La désobéissance civile (...) n'est pas un problème, quoi qu'en disent ceux qui prétendent qu'elle menace l'ordre social et conduit droit à l'anarchie. Le vrai danger, c'est l'obéissance civile, la soumission de la conscience individuelle à l'autorité gouvernementale. »).

Sur ses autres livres traduits en français (tous par la maison d'édition Agone), comme ses pièces de théâtre Karl Marx, le retour et En suivant Emma ou son essai Nous, le peuple des États-Unis, Howard Zinn ne s'est pas appesanti outre-mesure, filant à l'essentiel.

Et puis, une fois passée la présentation de ses livres, Howard Zinn a semblé soulagé. Il ne venait pas pour parler de lui, il venait pour débattre, répondre à des questions. Il en a profité pour abandonner ses velléités francophones (armée d'une traductrice) et répondre chaleureusement aux questions d'un auditoire passionné, parfois pas loin d'en venir aux mains pour obtenir le micro et l'honneur de lui poser une question. Extraits.

Comment il est venu à la gauche, socialiste et pacifiste

Je vais vous expliquer ce qui m'a amené à devenir le révolutionnaire (Dit avec un grand sourire) que je suis. J'ai grandi à New York, dans une famille de la classe ouvrière. J'ai commencé à travailler à 18 ans, sur des chantiers navals. Et à 17 ans, je traînais beaucoup avec de jeunes militants de gauche de mon quartier, quelque chose qu'il faut évidemment éviter de faire... (Re-dit avec un grand sourire.) Ce sont eux qui m'ont fait participer à ma première manifestation. Puis j'ai commencé à lire Marx, la chose la plus dangereuse que vous puissiez faire (Re-re-dit avec un grand sourire ; Howard Zinn sourit beaucoup). Enfin, sur les chantiers navals, j'ai rencontré d'autres militants ; ensemble, nous nous sommes syndiqués et nous nous retrouvions régulièrement pour discuter des livres que nous lisions.

Tout ça se situe au tout début de la Deuxième Guerre mondiale. Comme je travaillais aussi sur des navires de guerre, ceux qui passaient par les chantiers navals, je n'avais aucune obligation de devenir conscrit. Mais, à cette époque, je lisais beaucoup de choses sur le fascisme et j'avais un certain nombre d'amis qui s'étaient engagés. J'ai donc décidé de faire de même et je me suis enrôlé dans l'armée de l'air.

En résumé, mon enfance et mon adolescence m'ont amené à développer ma conscience de classe, à toucher du doigt ce qui séparait dans la société les riches et les pauvres. Et mon expérience comme membre d'un équipage de bombardier de l'US Air Force m'a - de la même façon - amené à développer une conscience particulière de la guerre.

Comment sa participation à la Seconde Guerre Mondiale a bouleversé sont point de vue sur la guerre

Au début, j'étais un bombardier enthousiaste, ma compréhension de cette guerre se faisait en des termes très simplistes. Sur le moment, la logique était simple : les fascistes étaient les mauvais, nous étions les gentils. Une fois la guerre terminée, je me suis rendu compte que, si les fascistes étaient réellement les mauvais, nous n'étions pas pour autant les gentils. Et j'ai découvert que la Deuxième Guerre mondiale était, en termes moraux, beaucoup plus compliquée que ce que je m'étais imaginé. C'est seulement alors que j'ai commencé à penser aux millions de personnes mortes sous nos bombes, à Nagasaki, Hiroshima ou Dresde.

Neuf ans après la guerre, j'ai rencontré un homme qui se trouvait à Royan en 1945, ville que j'avais alors contribué à bombarder (1). Cette rencontre m'a amené à réfléchir à la guerre en général, et à cette expérience en particulier. Nous n'avions aucune nécessité de bombarder Royan, c'était absurde d'un point de vue militaire. J'ai alors compris que ceux qui décident des guerres en évoquant des causes justes n'ont pas de motivations pures. Et j'ai saisi que même une guerre contre le fascisme corrompt ceux qui y participent. J'en ai conclu que la guerre était inacceptable, parce que ses moyens sont toujours mauvais et corrompus, sa finalité toujours incertaine.

Reste un point : au début de la Deuxième Guerre mondiale, le peuple américain n'était pas franchement partant pour la guerre. A l'entame de son troisième mandat, en 1940, le président Franklin Delano Roosevelt avait même promis de ne pas intervenir. Il a fallu le bombardement de Pearl Harbor pour qu'il trouve une justification à l'entrée en guerre des États-Unis. Ceci m'a permis de comprendre combien il était facile, pour les dirigeants d'une nation, de faire évoluer l'opinion publique, de transformer un sentiment anti-guerre en pro-guerre.

Impérialisme et Deuxième Guerre mondiale

En pleine guerre, stationné en Angleterre, j'ai rencontré une personne qui s'est révélée importante pour moi : j'ai fait la connaissance d'un soldat membre d'une autre équipage de bombardier et qui partageait avec moi le goût de la lecture. Nous discutions souvent ensemble, et il m'a dit un jour : « Tu te rends compte que nous livrons une guerre impérialiste, n'est-ce pas ? »

Ça m'a choqué. Lui a continué en m'expliquant que, oui, bien sûr, les fascistes étaient les méchants. Mais qu'il nous fallait nous poser des questions sur notre camp, nos alliés : que penser de l'empire britannique, de l'URSS de Staline, de l'empire français ? Ces nations ont beau se dire engagées dans la lutte antifasciste, m'a t-il expliqué, elle ne sont pas réellement intéressées par cette lutte.

Je lui ai alors demandé demandé pourquoi il s'était engagé. Et il m'a répondu : « Je suis là pour parler avec des gens comme toi. »

En fait, c'était un membre du Socialist Workers Party (SWP), la seule formation anglo-saxonne à s'être réellement opposée à la guerre. Alors que le PMarti Communiste américain était très enthousiaste à propos de ce conflit, le SWP a compté 14 de ses membres emprisonnés pendant la guerre, parce qu'ils s'opposaient à celle-ci.

Ironiquement, ce soldat - peu après que nous ayons parlé - est parti en mission et n'en est jamais revenu. De mon côté, la prise de conscience de la réalité de cette guerre ne s'est réellement déployée que plus tard. Soit quand je me suis rendu compte que le monde de l'après-guerre comptait encore des militaristes et des fascistes. Et je me suis demandé : « Pourquoi, 50 millions de morts ? »

toutes les guerres américaines, un même fondement ?

La Deuxième Guerre mondiale n'est pas seulement critiquable en tant que telle. Elle l'est aussi parce qu'elle a généré des problèmes à très long terme. Parce que cette guerre était populaire et supposée juste, tous les conflits qui ont suivi ont profité de son rayonnement.

Souvenez-vous, la Première Guerre mondiale avait sali le nom de guerre, causant 10 millions de morts sans qu'aucune raison valable n'ait pu en être émise. Mais la Deuxième a permis au concept de guerre de retrouver sa "dignité" et d'affirmer cette idée qu'apaiser son ennemi était devenu inacceptable, qu'il fallait absolument le mettre à bas. Aux États-Unis, tous les conflits qui ont suivi ont été présentés en des termes similaires, aussi bien en Corée qu'au Vietnam, en Irak qu'en Afghanistan.

Avec la Guerre de Corée, la menace a simplement changé, devenant le communisme. Nous avons combattu trois ans là-bas et le prix à payer a été de deux à trois millions de morts coréens. Pourtant, nous en étions au même point au début et à la fin de cette guerre : une dictature contrôlait la Corée du Sud, une autre la Corée du Nord.

Avec le Vietnam, le même scénario s'est répété : il fallait mettre à bas le communisme, on ne pouvait pas apaiser les Vietnamiens parce que la menace était trop grande. Et c'est ainsi que le président Lyndon Johnson a pu comparer notre allié vietnamien à Winston Churchill...

Rien n'a changé depuis, que ce soit à l'égard de l'Irak ou de l'Afghanistan. Il y a toujours une bonne raison de faire référence à Hitler, à la Deuxième Guerre mondiale.



(2) Obama : un réel espoir ou du pipotage de première ?

Je comprends la popularité de Barack Obama, en Europe comme aux États-Unis : tout le monde est soulagé que Bush soit parti. Le problème, c'est que l'ampleur du soulagement a empêché toute critique, alors même qu'Obama n'a pas renoncé à cette idée américaine fondamentale selon laquelle la violence et la guerre permettent de résoudre les problèmes fondamentaux du pays.

Cela relève d'une longue tradition, même chez ceux qui se prétendent progressistes, en réalité favorables à des réformettes sociales à l'intérieur et à une politique expansionniste à l'extérieur. Ça a été le cas de Kennedy, de Johnson, de Clinton et désormais d'Obama.

En ce qui le concerne, Obama devrait arrêter de reprendre la phraséologie de Bush, de parler dans les mêmes termes que lui. Il devrait parler de façon sincère à ce peuple américain qui est aujourd'hui opposé en majorité à la guerre en Irak (2/3 des Américains se disent aujourd'hui contre ce conflit, quand ils étaient 2/3 à s'y affirmer favorable au début de la guerre). Il pourrait faire cela, dire au peuple qu'on a lui menti sur les raisons de la guerre, lui expliquer que le terrorisme n'est rien d'autre qu'un substitut au communisme. Il pourrait faire prendre conscience aux Américains que c'est la politique des États-Unis dans le monde qui génère les problèmes et pousse certains à se tourner vers le terrorisme. Il pourrait leur annoncer que le temps de la super-puissance est terminé, qu'il va falloir retirer les troupes d'Irak et d'Afghanistan et démanteler toutes les bases militaires qui ont été créées dans le monde. C'est juste une question de sens commun : le 11 septembre est survenu malgré notre statut de grande puissance militaire. Au contraire, même : c'est sans doute en raison de ce statut que nous avons été attaqués.

Qui peut mettre fin à l'impérialisme américain ?

Les seuls circonstances dans lesquelles des gouvernements décident de mettre fin à une guerre tiennent à la menace : il faut qu'ils se sentent menacés par leur propre population. Ça a été le cas quand le gouvernement américain a mis fin à la Guerre du Vietnam.

La seule solution réside donc dans un mouvement de refus massif. À l'image de ce qui s'est passé le 15 février 2003, quand de 10 à 15 millions de personnes ont manifesté dans le monde contre la Guerre en Irak.

C'est ce qu'Einstein disait : « Les guerres cessent quand les gens refusent de se battre. » Ainsi du Vietnam, quand un nombre important de jeunes Américains ont refusé d'aller combattre. Ou d'Israël aujourd'hui, où une partie de la jeunesse refuse de faire la guerre. Ce sont ces actes de résistance qu'il convient de multiplier.

C'est cela qu'il faut retenir : nous ne pouvons pas accepter de dépendre de nos dirigeants. Si j'ai évoqué - un peu avant - Obama et ce qu'il devrait faire, c'était pour souligner que nous pouvons l'obliger à changer. Souvenez-vous, il a fallu "aider" Kennedy et Johnson à mettre bas la ségrégation : sans un mouvement de grande ampleur, ils n'auraient rien fait. De la même façon, nous devons créer un mouvement social d'une ampleur comparable à celui des droits civiques, ce sera le seul moyen de libérer Obama de l'influence du lobby militaro-industriel. Pour le moment, ce mouvement n'existe pas réellement, même s'il y a des signes notables d'activisme anti-guerre un peu partout aux États-Unis. Il faut attendre qu'il s'unifie. Et ne surtout pas laisser tomber parce que les résultats ne seraient encore assez probants.

Le retour de la France dans le commandement intégré de l'Otan

Je n'aime pas l'Otan. Pour moi, sa création relève des objectifs expansionnistes des États-Unis. Et tout ralliement à cet organisme est un signe d'asservissement aux intérêts américains. Je suis favorable à la dissolution de l'Otan, dès demain !

L'Otan n'est rien d'autre qu'une arme à disposition des États-Unis pour prendre des initiatives militaires, mêmes si celles-ci n'ont pas été validées par l'Onu. Ça a été notamment le cas lors des bombardements sur le Kosovo à la fin des années 1990.

La guerre, un mal quelquefois nécessaire ?

À propos de la Deuxième Guerre mondiale, une question se pose : pourquoi supposer que la seule façon de faire échec au fascisme passait par la mort de 50 millions de personnes ? Pourquoi supposer que la France n'aurait pas pu être libérée autrement ? Il faut considérer ceci : une fois que quelque chose a été accompli dans l'histoire, il est très difficile d'imaginer qu'il aurait pu en être autrement. Et donc de concevoir qu'on eut pu se défaire du fascisme autrement que par la guerre.

Pourtant... il existe des situations dans le monde où des changements se sont produits sans violence, où des tyrannies ont été renversées sans la brutalité qui va avec la guerre. Pensez - par exemple - à l'Afrique du Sud : l'ANC aurait pu décider de mettre fin à l'apartheid par les armes. Un million de personnes seraient mortes, l'apartheid aurait finalement été renversé, et tout le monde en aurait conclu qu'il n'y avait pas d'autre moyen de faire. Alors que...

La façon dont ça s'est fait a sans doute demandé plus de temps. Mais si vous êtes déterminés à accomplir des choses sans concéder un terrible coût humain, il faut être prêt à mener une guerre d'une autre nature. À subir l'oppression tout en construisant aux centaines de ramifications. Et à ainsi user la capacité de l'oppresseur à se maintenir au pouvoir.

En d'autres termes, il faut se préparer à combattre le fascisme d'une autre façon que par la guerre. C'est beaucoup plus long, ça demande sans doute plus de courage, mais c'est nécessaire pour accomplir de véritables progrès humains. Quand on fait des progrès en usant de violences, on s'emprisonne l'esprit. Selon moi, c'est là le plus grand défi pour la race humaine, parvenir à la justice sociale en faisant l'économie de la guerre. Après tout, nous sommes censés être plus éclairés qu'une simple logique binaire opposant la passivité à la guerre.

Cela ne signifie pas qu'une intervention militaire ne soit jamais justifiée. Je ne suis pas un pacifiste pur. Je pense qu'il existe des circonstances où il est nécessaire de mener une action collective, voire militaire. Et c'était sans doute le cas lors du génocide du Rwanda. Les observateurs de l'Onu présents sur place à l'époque étaient convaincus qu'une démonstration de force de petite échelle aurait pu permettre d'éviter ce qui s'est passé. Mais les puissances occidentales ont choisi d'ignorer leur requête. Ce qui confirme qu'on ne peut pas faire confiance aux dirigeants du monde pour stopper un génocide.

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, les États-Unis n'avaient pas pour but premier de mettre un terme au génocide. Il leur avait pourtant été demandé de bombarder les voies ferrées menant aux camps d'extermination, mais ils avaient d'autres priorités. Il faut ici retenir cette statistique choquante : six millions de juifs sont passés par les camps et ils ne sont que 60 000 à en être sortis vivants, soit 1 %. Tout ça parce que les puissances impliquées dans la guerre avaient d'autres préoccupations. Là encore, ça prouve combien on ne peut pas compter sur nos dirigeants politiques pour mettre fin à un génocide.

Notes

(1) Ce fut l'une des premières utilisations militaires du napalm.

(2) La première photo, au tout début du billet, ainsi que celle-ci, est de Vanessa, excellente photographe et tenancière du blog Place Assise Non Numérotée ; qu'elle soit vivement remerciée de cette gentille mise à disposition. L'autre photo est de Lémi.

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< 100131:1230 35813 mondialisation 2 min ouvrir

Adieu Howard Zinn

par André Bouny
Mondialisation.ca, Le 30 janvier 2010

Il répondait toujours à la même heure... mes deux derniers mails restent sans réponse.

Howard (membre du CIS) rayonnait. Il avait grandit dans les taudis de Brooklyn. Puis, par engagement contre le fascisme, avait pris place dans les cockpits de bombardiers américains au-dessus de l'Europe durant la Deuxième Guerre mondiale. Là se forgea son âme de pacifiste. L'ancien bombardier obtint un Doctorat de Philosophie et d'Histoire à l'université Columbia. Puis il enseigna à celle de Spelman (d'où il fut renvoyé), de Boston, de Paris et de Bologne. Il fut de tous les combats, celui des droits civiques, contre la ségrégation raciale et la peine de mort, contre la guerre du Viêt Nam où il se rendit en 1968 pendant la Bataille du Têt, contre celles d'Irak et d'Afghanistan, et plus généralement contre la ruse et la bêtise politique... Lorsque Daniel Ellsberg sortit les Papiers du Pentagone, c'est à Howard et Roslyn Zinn qu'il les remit. Avec Noam Chomsky (membre du CIS), Zinn éditera cet énorme rapport commandité par McNamara sous le nom de « Pentagone Papers, du sénateur Mike Gravel ». Pendant plusieurs heures, Zinn ira à la barre pour défendre Ellsberg lors du procès instigué par Nixon, l'accusant de conspiration et d'espionnage. Avec Une Histoire populaire des États-Unis, pavé que la critique s'accorda à considérer comme le livre manquant à l'Amérique, Zinn devint ce légendaire historien américain parcourant de conférence en conférence son vaste pays. Il affichait un véritable bonheur à s'adresser aux jeunes et à leur expliquer l'Histoire. En 2009, revenant de Grèce où était jouée sa pièce de théâtre Marx à Soho, nous nous étions rencontrés. Il avait cette élégance rare des hommes de grande taille dans sa chemise ample et déboutonnée, des grands yeux marron en amande remontant sur les côtés comme ceux d'un tigre rieur. Un rire communicatif qui appuyait sa vitesse d'esprit. Je le remerciais chaleureusement de la préface qu'il venait d'écrire pour mon livre sur l'Agent Orange à paraître sous peu aux éditions Demi-Lune. Howard dégageait de la joie, sa présence enthousiaste faisait oublier la légende vivante qu'il était, et sa main allait vers son inlassable sourire, profitant du voyage pour repousser en arrière la mèche blanche tombant sur ses yeux... adieu Howard Zinn.
< 100201:1242 35836 ism-france 6 min ouvrir

Howard Zinn, le Forum Economique Mondial, l'utilisation abusive de l'holocauste juif

Nous venons de perdre l'inappréciable voix d'un historien, intellectuel et militant, le professeur Howard Zinn. Je l'ai rencontré deux fois aux Etats-Unis. J'ai lu deux de ses livres et j'espère avoir le temps, un jour, de lire les autres. Zinn n'aimait pas le sionisme et a fréquemment critiqué ses atrocités, du massacre au Liban en 1982 à la dernière guerre à Gaza l'hiver 2008-2009. Mais, comme beaucoup de gens de gauche, il a préféré combattre l'impérialisme des Etats-Unis que le premier lobby destructeur aux Etats-Unis, le lobby israélien. En cela, j'étais en désaccord avec lui parce que je crois que le sionisme siège à la table du pouvoir à Washington DC et qu'il n'est pas un simple outil de « l'impérialisme US ».
< 100202:1819 35884 ism-france 23 min ouvrir

A propos de l'ouvrage d'Howard Zinn : « Une histoire populaire des États-Unis, de 1492 à nos jours »

C'est le propre de la fiction de transfigurer la réalité. Lorsque cette fiction se met au service d'un État ou d'un système économique, elle se nomme propagande idéologique. On se souvient peut-être de 1492, le film commémorant la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb, tourné quelque cinq cents ans plus tard. On y voyait Gérard Depardieu, sur une plage de violons, baiser le sable de l'île d'Hispaniola, avant de se frotter à des indigènes menaçants... En réalité, les Arawaks au complet "abandonnèrent leurs villages pour se rendre sur le rivage, puis nagèrent jusqu'à cet étrange et imposant navire afin de mieux l'observer."
justice 4 all 100203:0042 35894 informationclearinghouse Howard Zinn 6 min ouvrir

« We Should Not Give Up the Game Before All the Cards Have Been Played »

By Howard Zinn

February 02, 2010 "Alternet" --
American historian, playwright and social activist Howard Zinn died January 27, 2010, aged 87. His light will shine bright into the far off future. A new socially just world will owe a great debt to Howard and others like him who gave so much of themselves for us. -- ZNet Staff
Below is an excerpt from his recent book A Power Governments Cannot Suppress published by City Lights Books, www.citylights.com . At the bottom of this commentary are links to various ZNet obituaries remembering Howard.
< 100204:0104 35938 video informationclearinghouse Howard Zinn ouvrir

Howard Zinn: Myths of the Good Wars Three 'Holy' Wars

Three 'Holy' Wars

< 100204:1102 35942 renenaba < 1 min ouvrir

Hommage à Howard Zinn

Hommage à Howard Zinn

René Naba | 03.02.2010 | Paris


Un des plus grands penseurs progressistes des Etats-Unis vient de nous quitter, à l'âge de 88 ans.

Howard Zinn était l'auteur d'une magistrale « Histoire populaire des Etats-Unis de 1492 à nos jours », mais aussi d'articles lucides et pénétrants.

Nous vous en rappelons quelques-uns ici avec l'hommage rendu par son éditeur français.
justice 4 all 100204:1104 35943 Stay michelcollon Howard Zinn 13 min ouvrir

La légalisation de l'injustice

Howard Zinn

Il est communément admis aux Etats-Unis que pouvoir politique et richesse sont inégalement répartis entre les citoyens. Par contre, inculquée par l'éducation dès la prime enfance et entretenue par les mass média, la conviction y est largement répandue que l'égalité devant la loi constitue l'un des principes fondamentaux du système américain, l'ultime recours.

Une question s'impose alors nécessairement à l'esprit : la richesse et le pouvoir étant inégalement répartis, la justice peut-elle prétendre assurer l'égalité alors que les autres composantes sociales ne l'assurent pas ?

Les lois sont sujettes aux interprétations des tribunaux. Ces interprétations ont rarement conservé aux droits prévus par la Constitution leur force littérale, mais bien plutôt contribue à perpétuer les inégalités sociales les plus flagrantes en les répercutant dans le système judiciaire. Les jugements rendus sont eux-mêmes le reflet des disparités en matière de richesse et de pouvoir politique. Les magistrats qui rendent ces jugements représentent l'élite absolue de la société américaine. John Schmidhauser, après avoir étudié les cas de quatre-vingt-douze juges de la Cour suprême, constate dans son ouvrage la Cour suprême que ceux-ci provenaient de « milieux socialement favorisés » et « comprenaient très peu de fils de famille n'appartenant pas à la haute ou à la très haute bourgeoisie ». En 1976, il en est toujours ainsi.
justice 4 all 100204:1120 35944 michelcollon Howard Zinn 8 min ouvrir

Les Etats-Unis ont besoin d'un esprit révolutionnaire

Howard Zinn

Al Jazeera s'entretient avec Howard Zinn, écrivain, historien de l'Amérique, critique social et activiste, de la manière dont la guerre en Irak a changé le regard des autres sur les Etats-Unis et des raisons pour lesquelles « l'Empire » serait près de l'effondrement.

9 septembre 2008

Howard Zinn: Depuis un certain temps, et à coup sûr aujourd'hui, l'Amérique évolue vers moins de pouvoir et moins d'influence dans le monde.
< 100204:1120 35945 michelcollon Howard Zinn 21 min ouvrir

Mythes de l'« exceptionnalisme » américain

Howard Zinn

La notion de l'« exceptionnalisme » américain - selon laquelle seuls les Etats-Unis ont le droit, soit par décret divin, soit par obligation morale, d'apporter la civilisation, la démocratie ou la liberté au reste du monde, et par la violence, si nécessaire - n'a rien de neuf. Elle était déjà apparue en 1630, au sein de la colonie de Massachusetts Bay, lorsque...
< 100204:1121 35946 michelcollon Howard Zinn 13 min ouvrir

27 mois d'occupation américaineQue faisons-nous en Irak ?

Howard Zinn

Pas un jour, en Irak, sans que l'on annonce des morts : des militaires de la coalition, mais aussi des diplomates - comme le représentant de l'Egypte sauvagement assassiné - et surtout des civils innocents. Cette guerre voulue par le président des Etats-Unis apporte le chaos dans la région et sert à justifier l'injustifiable, tel l'attentat de Londres le 7 juillet dernier. Elle est aussi une guerre contre le peuple américain.
< 100303:1037 36809 article11 Noam Chomsky 10 min ouvrir

« Howard Zinn » : un hommage de Noam Chomsky

Ce sont deux intellectuels - voix reconnues de cette Amérique contestataire et rebelle - qui ont beaucoup en commun, à commencer par le souhait de mettre l'anonyme à sa juste place : au coeur de l'histoire. L'un est mort, l'autre a tenu à le saluer dans un texte publié il y a peu (et traduit par nos soins). Un hommage bienvenu : qui mieux que Noam Chomsky pour évoquer Howard Zinn ?

vendredi 26 février 2010, par article11