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1. Révolte contre l'UE et le FMI: la Grèce, l'Islande et la Lettonie pourraient montrer la voie 2. Les velociraptors économiques 3. La police de Dubaï communique les noms et les photos des criminels du Mossad 4. Samedi 6 Mars : repousser l'occupant israélien et ses collabos ! 5. Le Commandant Jorge Briceño (FARC) répond au général Padilla 6. SHEIKH JARRAH : la judaïsation forcée et criminelle de Jérusalem continue 7. Mexique : Les militaires doivent être jugés par des tribunaux civils 8. Nouvelles provocations israéliennes et affrontements à Jérusalem-Est 9. Israël et la « Petite-Bretagne » 10. L'occupation assiège totalement la ville occupée d'al Qods et al-Aqsa 11. Le contrôle politique et militaire de nos sociétés 12. Iraq. A l'heure de la désunion 13. Qui s'élève contre l'invasion et le bouclage de la mosquée d'al-Aqsa ? 14. ÉLECTIONS PARLEMENTAIRES IRAKIENNES : UN RENDEZ-VOUS DE DUPES 15. MAL-VENUE, MAL-AIMEE, C'EST LA MONNAIE DES FAUX-MONNAYEURS! 16. Un Professeur de Harvard préconise des mesures génocidaires pour freiner les naissances palestiniennes 17. Rapports sur les violations israéliennes des droits humains 2010 18. « Le chaos, banalité quotidienne » par Immanuel Wallerstein 19. En réponse au Premier Ministre français : le BDS promeut la justice et les droits universels 20. Un enfant de 12 ans devant un tribunal militaire israélien 21. Sète : Plus de 1 300 personnes ont manifesté contre l'implantation d'Agrexco sur le port 22. ESPAGNE-FRANCE-COLOMBIE : L'empire des médias sous les médias de l'Empire 23. Où en est la critique des médias ? Entretien avec Henri Maler de l'association Acrimed 24. Loppsi: TF1 manque à l'honnêteté de l'information 25. Coca-Cola a tenté d'interdire la diffusion d'un film documentaire dénonçant ses pratiques sociales en Colombie 26. HAARP: Il faut se méfier des expérimentations de guerre climatique réalisées par l'armée des États-Unis 27. Guantanamo disséminé dans 66 pays 28. Welcome To The World's First Murdochracy 29. Soutenu par les États Unis, Porfirio Lobo légitime le coup d'État en lui succédant 30. Cuba n'accepte ni les pressions ni les chantages ALBERTO NÚÑEZ BETANCOURT 31. Mullen Wary of Israeli Attack on Iran 32. Appel à mobilisation : procès Corrie en Israël 33. Situation et stratégie du groupe News Corporation de Rupert Murdoch 34. Papandreou promet à Berlin d'imposer un plan d'austérité 35. Haïti : les mercenaires flairent un marché juteux 36. La France va-t-elle aider Israël à construire sa 2ème centrale nucléaire ?! 37. Espagne : la Phalange fasciste autorisée à s'associer à la poursuite contre le juge Baltazar Garzón 38. le cas d'Orlando Zapata: il faut que les Etats-Unis arrêtent leur guerre criminelle et absurde contre Cuba par danielle Bleitrach 39. Evo Morales, Président pull-over 40. Execution d'enfants afghans menottés, Il ne se passe rien! La presse des Etats-Unis le cache 41. Haïti : Le gouvernement a ordonné l'évacuation de la capitale

1. Le système d'information et la guerre contre l'Irak 2. Bienvenue dans la première « Murdocratie » au monde 3. La population considérée comme un «ennemi d'État » 4. L'Amérique, empire fragile, par Niall Ferguson 5. Israël espère-t-il déclencher une nouvelle vague d'attentats-suicide ? 6. Collusion entre Washington et criminels argentins 7. Soutenu par les États Unis, Porfirio Lobo légitime le coup d'État en lui succédant 8. Une répartition équitable des biens est incompatible avec l'OMC actuelle 9. Abandonner les moules de pensée sclérosés : De nouveaux systèmes monétaires pour sortir de la crise 10. Les biocarburants provoquent des famines 11. LES DANGERS QUI NOUS MENACENT 12. Le Good Club et Son Cheptel - Bill Gates parle de « vaccins pour réduire la population » 13. L'Europe envisage-t-elle de donner son accord aux colonies israéliennes ? 14. Les contradictions du système alimentaire mondial 15. Le 11-Septembre et la crise économique aux Etats-Unis 16. ISLANDE : un « Non » franc et massif à la Loi Icesave - Un dossier pour comprendre 17. Gaza entre les Malouines et Guantanamo‏ 18. Un système est un contexte 19. Le contrôle politique et militaire de nos sociétés 20. Internet, source de l'exploitation capitaliste ? - Le Scarabée 21. Rêve de Geek, théorie du complot ou réalité : choisir tu devras 22. Henri Maler, « Un microcosme médiatico-politique fermé sur lui-même » 23. Execution d'enfants afghans menottés, Il ne se passe rien! La presse des Etats-Unis le cache 24. L'esprit coopératif pour sortir de la crise 25. La candidature d'El Baradei à la présidence de l'Egypte : Yes we can ! 26. Eric Toussaint : Dans la crise globale actuelle, il faut prendre une option anticapitaliste avec la participation des mouvements sociaux 27. AUX SOURCES DU CHAOS MONDIAL ACTUEL 28. Conflit au Congo : « Terminator » vit dans le luxe, les Casques bleus sont en contemplation 29. Les élections régionales de mars 2010 : un voile démocratique peut cacher une dictature. 30. Israël : Assassiner pour exister 31. Apartheid, épuration ethnique, génocide ... que faut-il dire ? 32. « Le chaos, banalité quotidienne » par Immanuel Wallerstein 33. Grèce : le CADTM condamne le plan d'austérité qui entraîne d'importantes régressions sociales 34. Robert Gates : le troisième homme, le monsieur guerre des Etats-Unis 35. La non-violence : le mythe et les réalités 36. Mazin Qumsiyeh : « L'armée israélienne me cherche » 37. Chili : Tremblement de terre, la barre de sécurité socialiste du Chili par Naomi Klein 38. COLOMBIE : Le tout-puissant Uribe Vélez a échoué

1. Video, solidarité avec le peuple grec en grève aujourd'hui 11 mars 2010 2. Il est temps de faire la révolution aux Etats-Unis: 15 raisons à cela 3. L'IRAK D'HAMMOURABI : Pour en finir avec la démocratie aéroportée 4. Honduras/Europe : la société civile désavoue le Parlement Européen 5. La Grande-Bretagne va protéger les criminels de guerre israéliens 6. Conclusions de la première session internationale du Tribunal Russel sur la Palestine 7. L'AFFAIRE COCA COLA: UNE BOISSON ROUGE... SANG 8. Protéger la biodiversité est devenu hors-la-loi, la guérilla contre les OGM se fait potagère 9. La patate chaude des prisons secrètes de l'ère Bush 10. Le Capital financier et la crise de la dette grecque 11. Jusqu'à quand le mécanisme yankee de la désinformation? par Jean-Guy Allard 12. Par consentement éclairé 13. Dette externe : Le peuple islandais montre la voie à l'Argentine 14. Lula: je ne veux pas qu'il se répète en Iran se qui est arrivé en irak 15. Bolivie : Ni calqué ni copié (analyse sans concession du socialisme bolivien) 16. Des révolutionnaires palestiniennes à la Journée internationale de la Femme 17. ALLEMAGNE : La campagne contre Goldstone, Finkelstein, Hermann Dierkes et d'autres 18. Le système mondial est en grande partie responsable des échecs africains 19. Sarkozy se fait l'écho de la ligne dure de l'Allemagne sur la crise de l'endettement de la Grèce 20. Appel syndical : La Justice est en danger ! 21. Coca-Cola a tenté d'interdire la diffusion d'un film documentaire dénonçant ses pratiques sociales en Colombie 22. Actualité de Bourdieu 23. Situation et stratégie du groupe News Corporation de Rupert Murdoch 24. L'actualité du franquisme: la menace de poursuites se rapproche du juge Garzon par Danielle Bleitrach 25. Haïti : un test pour l'humanité 26. La duperie des Oscars 27. La France va-t-elle aider Israël à construire sa 2ème centrale nucléaire ?! 28. H1N1 : La santé publique en réanimation 29. Islande : le CADTM salue le Non massif au référendum sur la loi Icesave 30. Papandreou promet à Berlin d'imposer un plan d'austérité 31. La Colombie ou le réalisme merveilleux, le mensonge, le sang et les larmes... 32. Les mercenaires encerclent Haïti By BILL QUIGLEY 33. De la démocratie à la chinoise par Laurent Devaux 34. Afghanistan : Pourquoi est-ce que nous combattons ? Pour ça ? 35. Le pays où on jette à la rue tout le personnel d'un lycée pour « incompétence » et où les banksters ont encore bien des sous à se faire 36. PIGS et combats de rue : nous sommes tous des cochons grecs ! 37. LA MONNAIE DES FAUX-MONNAYEURS (suite) 38. Vive l'Islande Libre ! Historique : 93,3 % de Non au référendum sur la dette 39. Espagne : la Phalange fasciste autorisée à s'associer à la poursuite contre le juge Baltazar Garzón 40. Les grèves en Europe et les syndicats 41. Notre incompréhensible Soleil 42. Evo Morales, Président pull-over 43. La morale kantienne et le clostridium botulium béhachétien 44. Révélations d'une source interne à EDF : l'EPR risque l'accident nucléaire ! 45. Iraq. A l'heure de la désunion 46. Victoire du « non » attendue au référendum Icesave en Islande 47. Où en est la critique des médias ? Entretien avec Henri Maler de l'association Acrimed 48. la journée de la femme, pour vous ALEKA et Marie-do 49. (VIDEO) El Che de Korda: C'est l'anniversaire des 50 ans de la photo la plus reproduite au monde et du cri Patria o Muerte! 50. Réponse de Yousef Munayyer aux propositions génocidaires de Martin Kramer : Les jeunes de Gaza ne sont pas « superflus » 51. Paul Craig Roberts doit des excuses au peuple irakien 52. 11 Septembre : le making off d'une propagande 53. Les FARC-EP s'adressent aux chefs d'état de l'Amérique latine et de la Caraibe réunis à Cancun 54. Le dernier crime du Mossad : une étape pour Israël vers l'autodestruction 55. La force de dissuasion du Hizbullah 56. Le déploiement militaire en Afghanistan fait tomber le gouvernement hollandais 57. Vendre des armes à la Russie ? Pas de problèmes, « elle n'en fera pas mauvais usage’... 58. Simple crise financière ou crise politico-stratégique pour les Etat-Unis ? 59. Rapport: La ville d'Al-Quds face à des plans sionistes des plus cruels 60. Le journal The Observer, Israël et le langage de la guerre 61. ESPAGNE : Jusqu'où peut aller l'effronterie du trucage médiatique ? Un enfant-soldat asiatique chez les FARC... 62. L'enseignement du Mossad 63. RD Congo : La malédiction du coltan 64. Mexique : crime organisé, terrorisme d'Etat 65. Angleterre : ils se transforment en serpillières devant les pressions juives 66. Que l'Islande dise non à l'injustice et à l'austérité ! 67. La City de Londres : Un Etat (dans l'Etat) criminel, agent du Nouvel Ordre Mondial 68. lettre de protestation à F. Fillon. Signez la sur le site de l'Association France Palestine Solidarité 69. Chine : Réinventer l'économie, une priorité pour 2010 selon la CCPPC 70. Des tueries à caractère social 71. Une violente tempête fait 52 morts en France 72. France : Les syndicats mettent fin à la grève des contrôleurs aériens 73. La face noire de l'Italie 74. COLOMBIE : Un des douze apôtres en prison. Mais tous les chemins mènent à Uribe 75. ESPAGNE-FRANCE-COLOMBIE : L'empire des médias sous les médias de l'Empire 76. Lu, vu, entendu : « Délicatesses »



1. Mazin Qumsiyeh : « L'armée israélienne me cherche » 2. AUX SOURCES DU CHAOS MONDIAL ACTUEL 3. Internet, ce formidable outil d'accès à la connaissance (ou pas) 4. Le contrôle politique et militaire de nos sociétés 5. Chili : Tremblement de terre, la barre de sécurité socialiste du Chili par Naomi Klein 6. Lu, vu, entendu : « Délicatesses » 7. ISLANDE : un « Non » franc et massif à la Loi Icesave - Un dossier pour comprendre 8. Victoire du « non » attendue au référendum Icesave en Islande 9. La non-violence : le mythe et les réalités 10. Abandonner les moules de pensée sclérosés : De nouveaux systèmes monétaires pour sortir de la crise 11. ESPAGNE : Jusqu'où peut aller l'effronterie du trucage médiatique ? Un enfant-soldat asiatique chez les FARC... 12. Notre incompréhensible Soleil 13. Finkelstein fiche la trouille à une certaine Allemagne 14. ESPAGNE-FRANCE-COLOMBIE : L'empire des médias sous les médias de l'Empire 15. Execution d'enfants afghans menottés, Il ne se passe rien! La presse des Etats-Unis le cache 16. La City de Londres : Un Etat (dans l'Etat) criminel, agent du Nouvel Ordre Mondial 17. COLOMBIE : Le tout-puissant Uribe Vélez a échoué 18. Simple crise financière ou crise politico-stratégique pour les Etat-Unis ? 19. Le Good Club et Son Cheptel - Bill Gates parle de « vaccins pour réduire la population » 20. L'enseignement du Mossad 21. 11 Septembre : le making off d'une propagande 22. COLOMBIE : Un des douze apôtres en prison. Mais tous les chemins mènent à Uribe 23. Une violente tempête fait 52 morts en France 24. Nouvelles provocations israéliennes et affrontements à Jérusalem-Est 25. RD Congo : La malédiction du coltan 26. Scanners corporels: deux femmes voilées refoulées 27. la journée de la femme, pour vous ALEKA et Marie-do 28. Apartheid, épuration ethnique, génocide ... que faut-il dire ? 29. Grèce : le CADTM condamne le plan d'austérité qui entraîne d'importantes régressions sociales 30. Qui empoisonne ainsi (littéralement) les relations entre chrétiens et musulmans au Nigeria ? 31. Le 11-Septembre et la crise économique aux Etats-Unis 32. Les élections régionales de mars 2010 : un voile démocratique peut cacher une dictature. 33. Les FARC-EP s'adressent aux chefs d'état de l'Amérique latine et de la Caraibe réunis à Cancun 34. Angleterre : ils se transforment en serpillières devant les pressions juives 35. « Le chaos, banalité quotidienne » par Immanuel Wallerstein 36. Robert Gates : le troisième homme, le monsieur guerre des Etats-Unis 37. Rêve de Geek, théorie du complot ou réalité : choisir tu devras 38. Chine : Réinventer l'économie, une priorité pour 2010 selon la CCPPC 39. (VIDEO) El Che de Korda: C'est l'anniversaire des 50 ans de la photo la plus reproduite au monde et du cri Patria o Muerte! 40. Vive l'Islande Libre ! Historique : 93,3 % de Non au référendum sur la dette 41. Que l'Islande dise non à l'injustice et à l'austérité ! 42. Haïti : un test pour l'humanité 43. LA MONNAIE DES FAUX-MONNAYEURS (suite) 44. Révélations d'une source interne à EDF : l'EPR risque l'accident nucléaire ! 45. Le déploiement militaire en Afghanistan fait tomber le gouvernement hollandais 46. Rapport n° 60 sur les violations israéliennes des droits humains 47. La face noire de l'Italie 48. Israël : Assassiner pour exister 49. Où en est la critique des médias ? Entretien avec Henri Maler de l'association Acrimed 50. PIGS et combats de rue : nous sommes tous des cochons grecs !

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< 100203:1808 35928 Stay mondialisation Julie Lévesque WordWar 26 min

Israël-Palestine : une guerre d'images et de mots

par Julie Lévesque
Mondialisation.ca, Le 3 février 2010

Israël-Palestine : une guerre médiatique



Cet article s'inspire de l'exposition « Drame humain à Gaza » qui se tient jusqu'au 28 février 2010 et commémore le premier anniversaire de l'offensive israélienne »Plomb durci » contre Gaza (27 décembre 2008-19 janvier 2009) Cette exposition mise sur pied par l'organisme Canadiens pour la justice et la paix au Moyen-Orient (CJPMO) a pour but de sensibiliser les gens au difficile quotidien des Gazaouis durant cette période. Le Cinéma du Parc à Montréal présente également le film Rachel, qui raconte l'histoire d'une jeune activiste étatsunienne écrasée par un bulldozer israélien en 2003. Si ces deux projets artistiques suscitent de nombreuses réflexions sur le conflit israélo-palestinien, ils font surgir bien des questions sur sa couverture médiatique dans les médias occidentaux et plus particulièrement dans les médias canadiens.

Toutes les photos qui accompagnent cet article proviennent de l'exposition

cjpmo

La diabolisation des musulmans et du monde arabe en général nourrit l'indifférence envers le sort des Palestiniens, plus particulièrement, des Gazaouis. Cette tendance est de plus en plus présente dans les médias occidentaux, qui répètent consciemment ou non la propagande véhiculée par Israël et les États-Unis. En ce qui a trait au conflit israélo-palestinien, les médias canadiens servent de porte-voix à la propagande israélienne en occultant certains sujets qui permettraient de mieux comprendre le conflit, en employant des termes péjoratifs et en prenant davantage position en faveur d'Israël.

La soi-disant « guerre contre le terrorisme » qui, à mesure qu'elle se radicalise, se transforme en un racisme politiquement correct envers le monde arabe et les musulmans, est devenue un écran de fumée opaque, voué à écarter la cause même du terrorisme : la politique étrangère des États-Unis et leur inflexible soutient à la politique étrangère d'Israël, « la seule démocratie au Moyen-Orient ».

« Israël n'est pas une démocratie. C'est un État profondément raciste et terriblement discriminatoire. En réalité il s'agit d'un État colonialiste qui essaie d'élargir son territoire », estime Daniel Saykaly de l'organisation des droits de la personne Palestiniens et Juifs Unis (PAJU).

Depuis les attaques du 11 septembre, le non respect des droits humains et civiques, bref de tous les droits, se justifie par le combat contre le terrorisme, ce monstre tentaculaire qui ne connaît aucune frontière, l'ennemi idéal pour quiconque a des visées impérialistes, et contre lequel Israël mènerait depuis sa naissance une lutte apparemment sans fin pour sa survie.

Or, si cette guerre s'attaque à une conséquence, « le terrorisme », elle évite à tout prix de même mentionner sa cause. La politique étrangère étatsunienne est largement responsable du « terrorisme » au Moyen-Orient sur plusieurs plans. D'abord par la création et/ou le financement de mouvements terroristes ou radicaux, ensuite par ses interventions militaires illégales menant à des insurrections - que l'on pourrait qualifier de « légitime défense », mais que l'on appelle « terrorisme », dans le but très peu subtil de discréditer « l'ennemi » dès le départ - et finalement par son soutien indéfectible à Israël.

De la même manière, la politique étrangère israélienne, qui fait fi du droit international et des résolutions de l'ONU depuis déjà plus de 60 ans (33 résolutions non respectées au total), suscite énormément de colère chez ses voisins, principalement chez les Palestiniens. Doit-on s'attendre à ce qu'il n'y ait aucune résistance parmi les opprimés? Si le pays veut vraiment en finir avec le terrorisme, il devrait d'abord respecter le droit international et les résolutions de l'ONU. Mais Israël veut-il vraiment mettre un terme au terrorisme?

Le Hamas et le rôle historique d'Israël

Le « mouvement terroriste » Al-Qaïda, c'est un fait connu et confirmé par Zbignew Brzezinski, est une création des États-Unis qui visait au départ à lutter par procuration contre les Soviétiques dans les années 1980.

Ce qui est moins connu toutefois c'est que le soi-disant « mouvement terroriste » du Hamas, a été autrefois appuyé en sous-main par Israël.

« Par la tromperie tu mèneras la guerre. » Tel es le motif du Mossad, le service du renseignement israélien. Dans le livre de Claire Hoy « Mossad : un agent des services secrets israéliens parle », un livre longtemps interdit sur le territoire des États-Unis, Victor Ostrovsky raconte que le Mossad a en quelque sorte créé le Hamas dans le but de discréditer l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) et faire prendre le pouvoir à des fanatiques, afin de justifier une intervention militaire pour prendre le contrôle du territoire. Cette information est corroborée, entre autres, par un responsable du gouvernement étatsunien dans l'article suivant :

« (Israel Sharon) veut détruire et discréditer l'Autorité palestinienne afin de s'assurer que les Palestiniens se retrouvent sans leadership crédible. Le chaos et l'anarchie en Cisjordanie fourniraient à Israël la justification dont il a besoin pour expulser les populations indigènes et rendre le territoire gouvernable.

Il s'agit d'une politique israélienne de longue date. Elle a débuté dans les années 1970, alors qu'Israël a aidé à faire des musulmans les plus fanatiques et les plus intolérants les rivaux de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP). L'organisation terroriste du Hamas est principalement une création israélienne. Un article d'UPI l'an dernier citait un responsable du gouvernement étatsunien : « Une certaine partie de l'establishment israélien d'extrême-droite croyait que le Hamas et d'autres groupes, s'ils prenaient le contrôle, refuseraient de participer au processus de paix et torpilleraient tout accord mis en place. » (George Szamuely, Israel's Hamas : Hamas is largely an Israeli Creation, Global Research, 27 janvier 2006. C'est l'auteure qui souligne)

Si l'on regarde la propagande israélienne, elle semble confirmer ces dires. En plus de nier l'autorité du Hamas, élu démocratiquement dans la Bande de Gaza, l'État hébreu dénigre constamment l'Autorité palestinienne, quelle qu'elle soit, en l'accusant de n'être pas un véritable « partenaire pour la paix » et d'être responsable du terrorisme, comme on peut le constater sur le site du ministère israélien des Affaires étrangères :

« [Pourquoi Arafat n'est-il pas un partenaire pour la paix ?] Au début du processus de paix entre Israël et les Palestiniens, en 1993, Yasser Arafat s'est explicitement engagé à renoncer au terrorisme et à s'en tenir au principe que le conflit ne peut être résolu que par la voie des négociations. Dix ans plus tard, plus de 1 100 Israéliens ont été assassinés dans des actes de terrorisme (dont plus de 900 depuis septembre 2000). Arafat est directement responsable de ce terrorisme et des graves dommages que la violence a causé au processus de paix. » (Ministère israélien des Affaires étrangères, [Israël- le Conflit et la Paix- Réponses à des questions souvent posées], 5 novembre 2003. C'est l'auteure qui souligne)

La colonisation des territoires occupés constitue un autre sujet où la réalité est inversée, où l'agresseur se pose en victime. En se retirant, Israël a fait un sacrifice, mais « l'organisation terroriste islamiste du Hamas s'(est) empar(ée) du pouvoir à Gaza » :

En l'absence d'un partenaire sérieux et désireux de renouveler le processus de paix , Israël prit unilatéralement la décision de se retirer de la bande de Gaza en 2005, déracinant des milliers de familles israéliennes qui vivaient dans cette région. Avec le départ de Gaza du dernier habitant juif et du dernier soldat de Tsahal, Israël espérait que cette concession considérable fournirait aux Palestiniens l'occasion de poser pacifiquement les fondations d'un État qui assurerait un avenir meilleur aux deux peuples. Mais une fois de plus, Israël ne fut pas payé de retour pour ce douloureux sacrifice. L'organisation terroriste islamiste du Hamas s'empara du pouvoir à Gaza et assaillit les villes et localités du sud d'Israël à l'aide de roquettes et de mortiers, contraignant Israël à lancer une opération militaire de grande envergure à Gaza en décembre 2008 qui parvint à réduire les attaques du Hamas. (Ambassade d'Israël en France, Israël, le conflit et la paix : foire aux questions sur le conflit israélo-palestinien. Le processus de paix israélo-palestinien, décembre 2009. C'est l'auteure qui souligne)



Cette propagande se retrouve presque mot pour mot dans la plupart des médias dominants. Cela n'est pas un problème en soi. Le problème réside d'une part dans l'absence quasi-totale de remises en question de cette technique de persuasion et de critiques à l'endroit d'Israël, d'autre part dans la fabrication d'une réalité basée sur la propagande israélienne.

Si l'on se fie à Radio-Canada, les racines du Hamas sont exclusivement palestiniennes et le groupe est l'unique responsable des échecs du processus de paix. Cet « historique » du Hamas, loin d'être impartial, n'est qu'un calque de la propagande de l'État hébreu :

« Fondé par le cheikh Ahmed Yassine dans la foulée de l'Intifada de 1987, le Hamas constitue maintenant la deuxième force politique des territoires palestiniens mais aussi leur principal mouvement islamique. Le Hamas, qui se pose en farouche opposant du processus de paix amorcé par les accords d'Oslo, en 1993, semble chaque fois saisir l'occasion de le faire dérailler lorsqu'un signe d'espoir se manifeste. Aux yeux de ses partisans, qui rejettent toute solution diplomatique, seule la guerre sainte peut résoudre le problème israélo-palestinien. Son objectif à court terme est de forcer l'armée israélienne à se retirer complètement des territoires palestiniens. » (Radio-Canada, La spirale de la haine. C'est l'auteure qui souligne)

Dans une chronique de La Presse, on réduit le conflit à sa plus simple expression : « une armée moderne » contre « une bande de fanatiques aspirant au martyre ». Farouche défense d'Israël et diabolisation de « l'ennemi » :

Le Hamas, emporté par son idéologie suicidaire, et encouragé par ses parrains iraniens, poursuit au grand jour sa lutte d'arrière-garde contre l'existence même de l'État hébreu. Loin d'être le fait d'une minorité de Gazaouis égarés, les tirs de roquettes qui ont déclenché la riposte israélienne sont le fait du gouvernement du Hamas, qui exerce un contrôle absolu sur cette malheureuse bande de terre.

(...) Au contraire, ses hommes se sont empressés de détruire, dans une rage aveugle ou par calcul (la politique du pire étant toujours la stratégie première des organisations terroristes), les serres et les vergers abandonnés par les colons juifs. Ces 3000 acres de terres cultivées et irriguées sont aujourd'hui des champs vagues. Et le Hamas, au lieu d'importer des vivres, a préféré approvisionner son stock d'armements clandestins par des souterrains: depuis son retrait de Gaza, Israël a reçu quelque 6000 missiles!

Certes, les forces en présence sont incomparables, entre une armée moderne et une bande de fanatiques aspirant au martyre. Mais le Hamas, tout comme le Hezbollah en 2006, jouit d'un avantage stratégique indiscutable: comme la vie humaine ne compte pas, il installe ses armements dans des domiciles, des écoles, des quartiers densément peuplés. Toute riposte militaire aboutit inévitablement à d'atroces bavures. Quelle puissante arme de propagande, que ces photos déchirantes d'enfants massacrés... avec la complicité meurtrière de ceux-là mêmes qui auraient dû les protéger! (Lysianne Gagnon, Une riposte démesurée?, Cyberpresse, 10 janvier 2009. C'est l'auteure qui souligne)

Ces extraits suffisent à démontrer que cette tactique malicieuse consistant à créer son propre ennemi pour atteindre des objectifs cachés est si efficace, que les médias semblent n'y voir que du feu. Ou peut-être que ce silence n'est qu'une soumission à l'intimidation, ce complément essentiel à cet art de la guerre psychologique, qui fait pleuvoir des accusations « d'antisémitisme » dès lors que fuse une critique envers Israël?

Dans un texte de janvier 2007, « Une philosophie de rêve pour les paranoïaques : « Tuez des Arabes, criez à l'antisémitisme ! », Norman Finkelstein écrit ceci :

« Une des thèses centrales de mon livre Beyond Chutzpah (Au-delà du culot monstre), c'est que, dès lors qu'Israël est confronté à une débâcle dans ses relations publiques, ses apologues sonnent l'alarme afin d'avertir qu'une énième forme de « nouvel antisémitisme » vient de nous arriver. »

Un conflit inexplicable?

Si l'on demande pourquoi certains se portent à la défense d'Israël, un pays qui ne respecte pas les droits humains et le droit international, il semble de bon ton de dire qu'il s'agit un sujet complexe, comme le démontre cet extrait d'une conférence de Barack Obama au lendemain de son discours à la nation.

Une jeune fille demande au président :

« Hier soir dans votre discours à la nation, vous avez dit que les États-Unis appuient les droits humains. Alors pourquoi n'avons-nous pas condamné Israël et l'Égypte pour avoir violé les droits humains des Palestiniens vivant dans les territoires occupés et pourquoi nous continuons à les appuyer avec l'argent de nos impôts? »

La réponse tantôt malhabile, tantôt langue de bois du président sur ce sujet tabou :

« Laissez-moi parler du Moyen-Orient en général. Écoutez (...) Le Moyen-Orient est clairement un problème (sic) qui a pestiféré la région depuis des siècles. Et c'est une question qui soulève bien des passions (...) Voici ma vision des choses : Israël est l'un de nos plus grands alliés (...), c'est une démocratie vivante qui partage des liens avec nous de diverses façons... Cela est crucial pour nous et je ne vais jamais hésiter à assurer la sécurité d'Israël et à aider les Israéliens à se sécuriser eux-mêmes dans une région très hostile. Donc je n'ai pas d'excuses à faire à ce niveau là.

Il est également vrai que nous devons prêter attention à la détresse des Palestiniens, car ce n'est pas bon pour notre sécurité ni pour celle d'Israël si des millions d'individus se sentent désespérés, qu'ils n'ont pas la chance de s'éduquer ou de trouver du travail ou autre. Maintenant c'est une longue histoire et je n'ai pas le temps de passer en revue toutes les doléances des deux parties. Ce que j'ai dit et ce que nous avons fait depuis que je suis entré en poste, c'est que nous travaillons à la solution des deux États dans laquelle Israël et les Palestiniens peuvent cohabiter en paix et en sécurité. Pour y parvenir, les deux côtés devront faire des compromis.

La première étape serait que les Palestiniens renoncent sans équivoque à la violence et reconnaissent Israël et Israël doit reconnaître les doléances légitimes et les intérêts des Palestiniens. Nous savons à quoi une solution pourrait ressembler dans la région, mais voici le problème auquel nous sommes confrontés : Et en Israël et dans les territoires palestiniens, la politique est difficile. Il y a des divisions (...) Le président Abbas de l'Autorité palestinienne, qui, je crois, désire véritablement la paix, doit faire face au Hamas, une organisation qui n'a pas reconnu Israël et n'a pas renoncé à la violence, donc nous essayons de renforcer les capacités de chaque partie à s'assoir à la table et à entamer des négociations sérieuses.

Et lorsque nous parlons de cette question, il est important que nous n'utilisions pas de langage provocateur ou qui, d'une certaine manière décourage les négociations. Nous devons reconnaître que les Palestiniens et les Israéliens ont des aspirations légitimes et elles peuvent être mieux servies si les États-Unis les aident à se comprendre plutôt qu'à se diaboliser. » (C'est l'auteure qui souligne)

Donc la question des droits humains des Palestiniens se réduit pour M. Obama à une question de sécurité pour Israël et les États-Unis. En plus de ne pas répondre adéquatement à la question, le président fait l'apologie d'Israël, « une démocratie vivante », et diabolise les Palestiniens, qui, si l'on en croit son discours, sont sans exceptions des personnes violentes, qui devront, d'abord et avant tout renoncer à cette violence pour régler le conflit.

Toutefois, habile communicateur qu'il est, il nous enjoint à faire ce qu'il dit et non pas ce qu'il fait : ne pas utiliser de « langage provocateur » et aider les deux peuples « à se comprendre plutôt qu'à se diaboliser. »

Par ailleurs, une oreille avertie aura décelé une erreur factuelle dans ce discours creux, prônant la solution des deux États, un plan de partage qui date de1947 : le Hamas a offert de reconnaître Israël de facto en 2004 si ce dernier respectait la résolution 242 du Conseil de sécurité de l'ONU, soit le « retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés ».



Mais le message le plus important dans ce propos passe inaperçu pour plusieurs : le Moyen-Orient « en général » est une région en conflit depuis des siècles, la politique y est difficile et le conflit israélo-palestinien est une longue histoire. Trop longue pour en parler. Cette idée qui s'est greffée dans les esprits n'est qu'une des nombreuses tactiques pour ne pas évoquer les faits et qui offrirait un tout autre portrait de la seule « démocratie vivante » de la région.

La complexité que l'on confère à cet état de guerre serait-elle nourrie par l'interprétation erronée et fragmentaire qu'en font les médias? C'est ce que croit Rachad Antonius, professeur au Département de sociologie de l'UQAM :

«Les rôles d'agresseur et de victime sont souvent renversés. Les Palestiniens sont présentés comme étant la source principale de la violence dans la région et les Israéliens comme étant les seuls à vouloir faire la paix. En outre, la couverture médiatique se concentre, pour l'essentiel, sur les déclarations des dirigeants politiques, israéliens ou palestiniens, plutôt que sur les rapports de domination qui sont au cœur du conflit et qui se vivent au quotidien.»

«En 2005, les médias ont présenté l'évacuation de 9000 colons juifs du territoire occupé de la bande de Gaza comme un geste courageux du gouvernement israélien en faveur de la paix. Mais ils ont oublié de souligner l'implantation, durant la même année, de 12 000 nouveaux colons juifs en Cisjordanie occupée.» (Claude Gauvreau, Les médias et le monde arabe : des représentations fondées sur la distorsion, Journal L'UQAM, vol. XXXIII, no 9, 22 janvier 2007)



La perpétuité des stéréotypes et la fausse conception de la situation au Moyen-Orient s'expliquent également par les diverses pressions que subissent les médias pour entretenir cette vision :

Au niveau des stéréotypes, le processus semble assez clair : les causes de la colère arabe sont occultées, cette colère apparaît alors comme injustifiée et irrationnelle, renforçant ainsi l'un des stéréotypes orientalistes.

Si cette vision se perpétue, en dépit des événements qui la contredisent, c'est en partie à cause des pressions diverses qui s'exercent pour qu'elle soit maintenue. La remettre en question entraîne inévitablement des accusations d'ignorance, d'incompétence intellectuelle et souvent même d'antisémitisme. Des pressions sont exercées quotidiennement, et sans répit, sur les journalistes et chroniqueurs qui apportent des points de vue qui tiennent compte du droit international, ce qui les met en position critique face à Israël, tant dans les médias écrits qu'électroniques. (Rachad Antonius, Les représentations médiatiques des Arabes et des musulmans au Québec, L'annuaire du Québec, 2007)

Ainsi cette rhétorique de « conflit complexe » relève plutôt de la guerre psychologique, laquelle laisse des traces indélébiles dans la couverture médiatique de cette rivalité. Les médias occidentaux, ceux du Canada inclusivement, contribuent à « complexifier » le conflit en offrant une couverture biaisée et fragmentaire et en perpétuant des mythes. Ils prennent ainsi part à cette guerre d'images et de perceptions. Surtout en faveur d'Israël.

« Les médias présentent toujours ce conflit hors-contexte, » a déploré Grace Batchoun de CJPMO. « Ils devraient le voir comme un conflit entre les pouvoirs militaires au Moyen-Orient. Et s'agit-il d'un conflit ou d'un massacre? » Au lendemain du tremblement de terre en Haïti, Mme Batchoun comparait cet événement à l'opération « Plomb durci » : « On ne peut pas éviter un tremblement de terre, mais on aurait pu empêcher la tragédie à Gaza. Et comment pourra-t-on reconstruire Gaza? Encore aujourd'hui y on empêche l'entrée de matériaux... »

La guerre psychologique dans les journaux canadiens

Dans une analyse quantitative et comparative intitulée La Palestine, l'Israel et les nouvelles manquantes: ce que les canadiens ne retrouvent pas dans leurs journaux quotidiens , le Conseil national des relations canado-arabes conclut que les médias canadiens sont biaisés :

• Les deux journaux canadiens à distribution nationale, le Globe and Mail et le National Post:

a. Ignorent largement (seulement 3 à 4% des nouvelles rapportées par le Globe and Mail) ou totalement (0% des nouvelles rapportées par le National Post), les nouvelles sur la région ayant trait aux sujets tels que les droits humains (51 articles au total), la colonisation de territoires occupés ainsi que les restrictions sur le mouvement (30 articles au total), sujets fondamentaux dans la compréhension de l'impasse entre Israéliens et Palestiniens.

b. Rapportent les nouvelles sur la violence armée conduite par les israéliens moins fréquemment que les nouvelles sur la violence armée conduite par les militants palestiniens :

• i. Globe and Mail: 15% (de 20 articles) vs. 27% (de 11 articles)

• ii. National Post: 0% (de 20 articles) vs. 9% (de 11 articles)

(...)NCCAR s'inquiète des lacunes de la couverture médiatique au Canada. L'absence d'une couverture complète et balancée par les journaux canadiens à distribution nationale a un impact négatif sur la capacité des lecteurs canadiens de prendre des positions informées sur le conflit Israélo-palestiniens et sur le rôle que le Canada devrait assumer face à ce sujet important qui concerne non seulement les pays de la région, mais le monde entier. (C'est l'auteure qui souligne)

D'un point de vue médiatique, le conflit israélo-palestinien est un parfait exemple de l'importance de la guerre psychologique.

Le maître de la propagande nazie, Joseph Goebbels, disait ceci :

À force de répétitions et à l'aide d'une bonne connaissance du psychisme des personnes concernées, il devrait être tout à fait possible de prouver qu'un carré est en fait un cercle. Car après tout, que sont « cercle » et « carré »? De simples mots. Et les mots peuvent être façonnés jusqu'à rendre méconnaissables les idées qu'ils véhiculent. (Joseph Goebbels, cité dans Normand Baillargeon, Petit cours d'autodéfense intellectuelle, Lux Éditeur, 2005)

Ce que certains appellent le « monopole israélien de la victimisation » est une composante essentielle de la guerre psychologique que livre Tel Aviv. Dans ce conflit interminable, les qualificatifs « victime » et « agresseur » ont perdu leur sens.

Avec la concentration des médias, ces derniers deviennent davantage des médias de propagande que des médias d'informations. Et la propagande fonctionne davantage s'il y a de la censure :

Une analyse des éditoriaux des grands journaux francophones du Québec montre par exemple que la notion de «politique de prise de contrôle » du territoire palestinien, une réalité très tangible pour qui suit un tant soit peu les événements au Proche-Orient, est complètement absente des éditoriaux. De même la condition de victimes des Palestiniens est absente des prises de position éditoriales.

Le Québec se démarque cependant du reste du Canada sur ce point, et les médias écrits francophones ont eu tendance à montrer plus de compréhension pour les questions du Proche-Orient que leurs contreparties dans le reste du Canada. L'importance des questions internationales pour les communautés arabes et musulmanes est double. Par ailleurs, les représentations médiatiques dominantes renforcent le sentiment, chez les Arabes et les musulmans, que leurs opinions ne comptent pas vraiment. Mais ce sentiment est tempéré par l'existence de médias alternatifs et d'un mouvement social solidaire qui fait contrepoids au discours dominant. (Rachad Antonius op. cit.)

L'opération « Plomb durci » : une offensive criminelle



En septembre 2009, la Mission d'établissement des faits sur le conflit à Gaza, communément appelée Rapport Goldstone a sévèrement critiqué Israël pour son opération militaire à Gaza en 2008-2009 qui, selon B'Tselem, a coûté la vie à 13 Israéliens et à 1315 Palestiniens, dont 65 % de civils, parmi eux, plus de 400 enfants :

« Nous sommes arrivés à la conclusion, sur la base des faits que nous avons réunis, qu'il y a de solides preuves établissant que de nombreuses violations graves du droit international, à la fois du droit humanitaire et des droits de l'homme, ont été commises par Israël lors des opérations militaires à Gaza (...) La mission a conclu que des agissements pouvant constituer des crimes de guerre et peut-être, dans une certaine mesure, des crimes contre l'humanité, ont été commis par les forces de défense israéliennes », (Centre d'actualités de l'ONU, Gaza : L'ONU a des preuves de crimes de guerre commis par les deux côtés, 15 septembre 2009)

Le rapport a par ailleurs a jugé que les tirs de roquettes en provenance de Gaza « constituaient également de graves crimes de guerre et peut-être des crimes contre l'humanité » (Ibid) Mais la condamnation d'Israël par le rapport Goldstone a-t-elle transformé nos esprits bienpensants? Pas si l'on se fie à cet article où se marient les mythes, la désinformation et la mémoire sélective :

Le rapport Goldstone, on s'en doute, a été prestement entériné par cette assemblée dominée par des pays arabes et musulmans et leurs alliés populistes d'Amérique du Sud. (44 pays-membres se sont abstenus et 18 ont voté contre, dont le Canada).

Même unanimité sans surprise au sein du soi-disant Conseil des droits humains de l'ONU, qui avait commandité la mission Goldstone pour faire «la vérité» sur l'offensive à Gaza. Ce conseil, créature de pays qui piétinent chaque jour les droits les plus élémentaires (Soudan, Chine, Cuba, Égypte, Pakistan, Arabie Saoudite, Libye, etc.) s'est distingué en s'attaquant systématiquement à la seule démocratie du Moyen-Orient, passant sous silence les innombrables abus commis ailleurs sur la planète. C'est pourquoi le gouvernement israélien a refusé de collaborer à l'enquête.

Dans un rapport de 574 pages, la commission Goldstone consacre quelques lignes au Hamas et fait porter l'essentiel du blâme sur Israël, en ignorant les 7000 roquettes lancées sur Israël, et en se contentant de prêter foi sans autre vérification aux déclarations du Hamas, qui nie avoir disséminé ses caches d'armes parmi la population civile (!). (Lysianne Gagnon, Au-delà des belles paroles, Cyberpresse, 1 er janvier 2010. C'est l'auteure qui souligne)

Renverser la vapeur

Daniel Saykaly estime que l'on doit dénoncer la désinformation dans les médias et la « complicité aveugle » du gouvernement canadien avec Israël. Le gouvernement de Stephen Harper a cautionné l'offensive israélienne « Plomb durci » et prive de subventions des organismes qui se portent à la défense des Palestiniens, comme l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA - United Nations Relief and Works Agency for Palestine Refugees in the Near East en anglais).

« Aucun peuple ne peut permettre d'être assujetti à l'injustice », s'indigne M. Saykaly, qui invite aussi les citoyens à lutter contre cette oppression par le boycott. « Boycottez les produits israéliens. C'est ce dont Israël a le plus peur. Il suffit de taper « boycott Israël » sur Internet et vous trouverez des sites où sont nommés des produits à boycotter. Il faut faire une guerre de pression. »

Sans surprise, le boycott, comme la critique de l'État hébreu, est toutefois vu par certains comme de l'antisémitisme. En effet, dans un rapport du Parlement britannique de septembre 2006 intitulé « Report of the All-Party Parliamentary Inquiry Into Antisemitism », il est « (jugé) antisémite, pour des syndicats étudiants, de prôner un boycott des produits israéliens, car cela aurait pour effet de « limiter la disponibilité d'aliments cachère sur les campus ».

Cependant, à l'instar du jeune garçon qui criait inutilement au loup, l'utilisation à outrance de cette tactique d'intimidation consistant à qualifier d'antisémite quiconque ose critiquer Israël la rend de moins en moins efficace. Et s'il existe une nouvelle forme de racisme, des plus insidieuses, elle vise davantage les communautés arabes et musulmanes que les juifs, comme le démontre l'instauration du profilage racial dans les aéroports depuis l'attentat raté de Noël, une mesure qui s'inspire d'Israël. Mesure que l'on a réussi à faire accepter sans trop de réprobations et ce grâce au dogme haineux véhiculé souvent à demi-mot et parfois en termes clairs dans les médias : « Tous les musulmans ne sont pas terroristes, mais tous les terroristes sont musulmans ».

Il ne faut pas sous-estimer le pouvoir de la parole. Pour les défenseurs des droits des Palestiniens, si la lutte se mène sur plusieurs fronts, elle commence par la lutte contre les préjugés et les idées reçues, contre cette image déshumanisée des Palestiniens, des personnes d'origine arabe et de confession musulmane.

Julie Lévesque est journaliste et chercheure au Centre de recherche sur la Mondialisation.

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