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Al Qaïda n’existe plus selon la DGSE
< 100212:1812 3 articles Stay agoravox 17 min rss
Selon Alain Chouet, ancien chef du service de sécurité de la Direction Générale de la Sécurité extérieure, Al Qaïda n'existe plus depuis 2002. Ce qui n'empêche pas le renseignement américain de placer l'organisation de Ben Laden en tête des menaces auxquelles doit faire face l'Amérique, et d'annoncer même avec "certitude" une prochaine attaque sur le sol américain dans les six mois à venir. Le choc de deux points de vue.

Alain Chouet, chef du Service de renseignement de sécurité de 2000 à 2002, intervenait, le 29 janvier 2010, à la Commission des affaires étrangères du Sénat, dans le cadre d'un colloque sur le Moyen-Orient à l'heure du nucléaire. Il était invité à répondre à la question "Où en est Al Qaïda ?". Ses propos viennent mettre en pièces bon nombre d'idées reçues :
"Comme bon nombre de mes collègues professionnels à travers le monde, j'estime, sur la base d'informations sérieuses, d'informations recoupées, que la Qaïda est morte sur le plan opérationnel dans les trous à rats de Tora Bora en 2002. Les services secrets pakistanais ensuite se sont contentés, de 2003 à 2008, à nous en revendre les restes par appartements, contre quelques générosités et quelques indulgences diverses. Sur les quelque 400 membres actifs de l'organisation qui existait en 2001 (...), il en reste moins d'une cinquantaine, essentiellement des seconds couteaux, à l'exception de Ben Laden lui-même et de Ayman al-Zawahiri, mais qui n'ont aucune aptitude sur le plan opérationnel. Donc moins d'une cinquantaine ont pu s'échapper dans des zones reculées, dans des conditions de vie précaires, et avec des moyens de communication rustiques ou incertains. Ce n'est pas avec un tel dispositif qu'on peut animer à l'échelle planétaire un réseau coordonné de violence politique. D'ailleurs il apparaît clairement qu'aucun des terroristes post 11/9, qui ont agi à Londres, Madrid, Casablanca, Djerba, Charm-el-Cheikh, Bali, Bombay, etc., ou ailleurs, n'a eu de contact avec l'organisation. Et quant aux revendications plus ou moins décalées qui sont formulées de temps en temps par Ben Laden ou Ayman al-Zawahiri, à supposer d'ailleurs qu'on puisse réellement les authentifier, elles n'impliquent aucune liaison opérationnelle, organisationnelle, fonctionnelle entre ces terroristes et les vestiges de l'organisation."
Plus aucune action terroriste dans le monde ne serait donc imputable à Al Qaïda depuis huit ans ; l'organisation ne compterait plus que quelques dizaines d'individus ; et les revendications de Ben Laden au fil des ans ne seraient même pas sûres.
Le journal suisse Le Matin s'est justement ému de ce dernier point, le 25 janvier 2010, dans un article intitulé "Messages de Ben Laden : de l'info très intoxiquée" : "Depuis les attentats du 11 septembre 2001, une soixantaine de messages sont attribués à Oussama ben Laden et sa nébuleuse. Il peut y avoir des années sans aucun signe de vie (2005) et d'autres plus prolixes : sept en 2009, quatre en 2008, cinq en 2007 ou quatre en 2006. Pour la CIA, l'authenticité du premier message audio, justement publié par Al-Jazira le 12 novembre 2002, ne fait aucun doute. Une théorie mise à mal, deux semaines plus tard par les chercheurs de l'Idiap (Institut Dalle Molle d'intelligence artificielle perspective) de Martigny (VS). Avec les conditionnels de rigueur propres aux scientifiques, le message serait celui d'un imposteur. Leurs logiciels démasquent les imitateurs, tout aussi doués soient-ils. « Ils peuvent assez facilement berner l'être humain, mais c'est beaucoup plus difficile de tromper la machine », soulignait, en 2002, le Dr Samy Bengio."
Quant à la quasi disparition d'Al Qaïda, Eric Denécé l'avait déjà soutenue sur AgoraVox il y a un an ; interviewé en janvier 2009, l'ancien officier de renseignement, aujourd'hui directeur du Centre Français de Recherche sur le Renseignement, m'avait indiqué : "Al-Qaïda a été quasiment réduite à néant. Il reste quelques centaines d'hommes. Quant à la structure centrale, qui est apparue à partir de 1989, elle a quasiment disparu. Hormis Ben Laden et Al-Zawahiri, tous les grands leaders ont été arrêtés".

Menace numéro 1
Aux Etats-Unis, en revanche, Al Qaïda n'a pas disparu. C'est à peine quelques jours après la mise au point d'Alain Chouet que Hillary Clinton déclarait qu'Al Qaïda demeurait la "menace principale " pour les Etats-Unis, devant l'Iran. La secrétaire d'Etat américaine ne faisait que reprendre l'analyse faite le 2 février, devant la Commission du renseignement du Sénat, par l'ensemble des représentants du renseignement américain. Dans la liste des menaces qu'ils ont alors dressée, Al Qaïda devance les programmes nucléaires iranien et nord-coréen, les cartels criminels, et l'éventualité d'une faillite économique dans les pays développés durement touchés par la récession.
Le Directeur du Renseignement national, Dennis Blair, interrogé par la présidente de la Commission sur la probabilité d'une tentative d'attaque terroriste aux Etats-Unis dans les six mois à venir, a répondu qu'elle était "certaine". Les quatre autres officiels interrogés de la même manière - Robert Mueller III, directeur du FBI, Leon Panetta, directeur de la CIA, et les officiers supérieurs du renseignement des Départements d'Etat et de la Défense - ont tous produit la même réponse (Washington Post du 3 février 2010, ou vidéo de l'audition). L'attaque pourrait survenir dans un délai de trois à six mois.

Alain Chouet, chef du Service de renseignement de sécurité de 2000 à 2002, intervenait, le 29 janvier 2010, à la Commission des affaires étrangères du Sénat, dans le cadre d'un colloque sur le Moyen-Orient à l'heure du nucléaire. Il était invité à répondre à la question "Où en est Al Qaïda ?". Ses propos viennent mettre en pièces bon nombre d'idées reçues :
"Comme bon nombre de mes collègues professionnels à travers le monde, j'estime, sur la base d'informations sérieuses, d'informations recoupées, que la Qaïda est morte sur le plan opérationnel dans les trous à rats de Tora Bora en 2002. Les services secrets pakistanais ensuite se sont contentés, de 2003 à 2008, à nous en revendre les restes par appartements, contre quelques générosités et quelques indulgences diverses. Sur les quelque 400 membres actifs de l'organisation qui existait en 2001 (...), il en reste moins d'une cinquantaine, essentiellement des seconds couteaux, à l'exception de Ben Laden lui-même et de Ayman al-Zawahiri, mais qui n'ont aucune aptitude sur le plan opérationnel. Donc moins d'une cinquantaine ont pu s'échapper dans des zones reculées, dans des conditions de vie précaires, et avec des moyens de communication rustiques ou incertains. Ce n'est pas avec un tel dispositif qu'on peut animer à l'échelle planétaire un réseau coordonné de violence politique. D'ailleurs il apparaît clairement qu'aucun des terroristes post 11/9, qui ont agi à Londres, Madrid, Casablanca, Djerba, Charm-el-Cheikh, Bali, Bombay, etc., ou ailleurs, n'a eu de contact avec l'organisation. Et quant aux revendications plus ou moins décalées qui sont formulées de temps en temps par Ben Laden ou Ayman al-Zawahiri, à supposer d'ailleurs qu'on puisse réellement les authentifier, elles n'impliquent aucune liaison opérationnelle, organisationnelle, fonctionnelle entre ces terroristes et les vestiges de l'organisation."
Plus aucune action terroriste dans le monde ne serait donc imputable à Al Qaïda depuis huit ans ; l'organisation ne compterait plus que quelques dizaines d'individus ; et les revendications de Ben Laden au fil des ans ne seraient même pas sûres.
Le journal suisse Le Matin s'est justement ému de ce dernier point, le 25 janvier 2010, dans un article intitulé "Messages de Ben Laden : de l'info très intoxiquée" : "Depuis les attentats du 11 septembre 2001, une soixantaine de messages sont attribués à Oussama ben Laden et sa nébuleuse. Il peut y avoir des années sans aucun signe de vie (2005) et d'autres plus prolixes : sept en 2009, quatre en 2008, cinq en 2007 ou quatre en 2006. Pour la CIA, l'authenticité du premier message audio, justement publié par Al-Jazira le 12 novembre 2002, ne fait aucun doute. Une théorie mise à mal, deux semaines plus tard par les chercheurs de l'Idiap (Institut Dalle Molle d'intelligence artificielle perspective) de Martigny (VS). Avec les conditionnels de rigueur propres aux scientifiques, le message serait celui d'un imposteur. Leurs logiciels démasquent les imitateurs, tout aussi doués soient-ils. « Ils peuvent assez facilement berner l'être humain, mais c'est beaucoup plus difficile de tromper la machine », soulignait, en 2002, le Dr Samy Bengio."
Quant à la quasi disparition d'Al Qaïda, Eric Denécé l'avait déjà soutenue sur AgoraVox il y a un an ; interviewé en janvier 2009, l'ancien officier de renseignement, aujourd'hui directeur du Centre Français de Recherche sur le Renseignement, m'avait indiqué : "Al-Qaïda a été quasiment réduite à néant. Il reste quelques centaines d'hommes. Quant à la structure centrale, qui est apparue à partir de 1989, elle a quasiment disparu. Hormis Ben Laden et Al-Zawahiri, tous les grands leaders ont été arrêtés".

Menace numéro 1
Aux Etats-Unis, en revanche, Al Qaïda n'a pas disparu. C'est à peine quelques jours après la mise au point d'Alain Chouet que Hillary Clinton déclarait qu'Al Qaïda demeurait la "menace principale " pour les Etats-Unis, devant l'Iran. La secrétaire d'Etat américaine ne faisait que reprendre l'analyse faite le 2 février, devant la Commission du renseignement du Sénat, par l'ensemble des représentants du renseignement américain. Dans la liste des menaces qu'ils ont alors dressée, Al Qaïda devance les programmes nucléaires iranien et nord-coréen, les cartels criminels, et l'éventualité d'une faillite économique dans les pays développés durement touchés par la récession.
Le Directeur du Renseignement national, Dennis Blair, interrogé par la présidente de la Commission sur la probabilité d'une tentative d'attaque terroriste aux Etats-Unis dans les six mois à venir, a répondu qu'elle était "certaine". Les quatre autres officiels interrogés de la même manière - Robert Mueller III, directeur du FBI, Leon Panetta, directeur de la CIA, et les officiers supérieurs du renseignement des Départements d'Etat et de la Défense - ont tous produit la même réponse (Washington Post du 3 février 2010, ou vidéo de l'audition). L'attaque pourrait survenir dans un délai de trois à six mois.
La stratégie face au terrorisme débattue au Sénat français: Al-Qaïda est morte en 2002!
< 100214:1734 video Une reopen911 23 min rss ouvrir
Suite à notre précédente ReOpenNews consacrée à l'article "Afghanistan, le désert des Tartares ?" d'Alain Chouet, ancien chef de service à la DGSE, nous vous proposons cette présentation mise en ligne par le Sénat.Les discussions qui se sont tenues fin janvier devant la Commission des Affaires étrangères ne peuvent être comparées à ce qui s’est passé à deux reprises au Sénat japonais
Alain Chouet : « La Qaïda est morte dans les trous à rats de Tora Bora en 2002 »
< 100320:0206 oumma 15 min rss ouvrir
Ancien chef du service de renseignement de sécurité de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), Alain Chouet a brisé un tabou lors d'un colloque organisé au Sénat fin janvier 2010 en déclarant que « la Qaïda est morte sur le plan opérationnel dans les trous à rats de Tora Bora en 2002 ». Il ne resterait qu'une cinquantaine de membres, essentiellement des seconds couteaux, incapables d'animer à l'échelle planétaire un réseau coordonné de violence politique (1).
