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Bricks in the Wall


Par Le Monde / AFP
Le président de l'université Paris VII-Denis Diderot, Vincent Berger, a annoncé jeudi 14 juin l'ouverture d'une enquête administrative après une question d'examen sur Gaza, à "caractère polémique", posée mardi à des étudiants en médecine. De son côté, le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) "s'indigne", dans un communiqué publié jeudi, de cette question d'examen qu'elle juge "scandaleuse", autour d'un bombardement de civils à Gaza, et qui incite, selon elle, à "la haine d'Israël".

QUESTION SUR LA MORT D'UNE FAMILLE À GAZA

Selon leCRIFet un fac-similé transmis par le Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme, le Pr Christophe Oberlin a posé aux étudiants une question de médecine humanitaire, en prenant l'exemple de la mort de 22 membres d'une même famille dans un "bombardement classique" pendant le conflit dans la bande de Gaza en 2008-2009. "Quelle est la ou quelles sont les qualifications des crimes perpétrés (crime de guerre, crime contre l'humanité, crime de génocide) ?", demande-t-il, selon le fac-similé.

Le président de l'université a fait part de "sa consternation à la lecture [de cette] question posée dans le cadre d'un examen optionnel de médecine". "Elle comporte un caractère polémique regrettable qui contrevient à l'esprit de neutralité et de laïcité de l'enseignement supérieur", a-t-il ajouté. M. Berger rappelle que "le principe d'indépendance des enseignants-chercheurs, inscrit dans notre Constitution, n'autorise en rien le non-respect des valeurs fondamentales du service public".

"UNE INCITATION À LA HAINE D'ISRAËL"

"Telle qu'elle est intitulée, cette question est une véritable incitation à la haine d'Israël", s'indigne Richard Prasquier, président du CRIF. "Elle n'a de lien ni avec l'enseignement de la médecine ni avec l'université, dont le professeur Oberlin viole la neutralité."

De son côté, l'Union des étudiants juifs de France (UEJF) juge que le professeur a "contraint les étudiants à adopter ses positions haineuses" en leur posant cette question. Pour l'UEJF, "le professeur Oberlin abuse de sa position d'autorité, d'autant plus qu'il fait partie du jury d'examens, empêchant ainsi les étudiants de manifester publiquement leur désaccord devant ces déclarations mensongères et idéologiques".

Jonathan Hayoun, président de l'UEJF, demande à l'université de ne pas comptabiliser les points liés à la question litigieuse, et de convoquer le professeur Oberlin.

Source : Le Monde

ism-france.org

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Réuni en congrès des adhérents à Paris, le 21 juin 2012, le syndicat national SUD-Recherche-EPST s'est "indigné de l'attitude du président de l'université Paris Diderot, M. Vincent Berger qui, loin de permettre aux enseignants de l'université d'exercer leur mission avec l'indépendance nécessaire, prend au contraire l'initiative de la censure."

Dans une Motion d'actualité intitulée "liberté d'enseigner", le syndicat national SUD-Recherche-EPST a "demandé la réhabilitation et la protection du Professeur Christophe Oberlin, injustement soumis à la vindicte publique, ainsi que la levée immédiate de toutes les menaces et tentatives d'intimidation."

Les lettres de soutien au Pr. Oberlin*, affluent de tous les pays, à propos de l'énorme hypocrisie et aberration consistant à l'accuser d'avoir manqué au respect de la "neutralité" et de la "laïcité" (sic) en posant une question sur la qualification juridique des bombardements de civils gazaouis, lors d'un examen de médecine humanitaire. Ci-dessous le communiqué de l'AURDP à ce sujet.

Communiqué de l'AURDIP sur les suites d'un examen de médecine humanitaire à l'Université Paris-Diderot

Entretien avec Christophe Oberlin

Violemment critiqué par le Président du Conseil Représentatif des Institutions juives de France (CRIF), qui l'a incriminé pour de supposées intentions anti-israéliennes sur une question d'examen posée à ses étudiants, le professeur Christophe Oberlin s'explique.

Silvia Cattori : Vous avez été l'objet d'attaques de la part du CRIF et du Bureau National de Vigilance Contre L'Antisémitisme.

Le professeur Christophe Oberlin répond ici aux attaques du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) qui a jugé "scandaleuse", incitant à "la haine d'Israël", une question posée aux étudiants de la Faculté de Médecine de l'hôpital Bichat, à Paris, dans le cadre d'un examen de médecine. Cette question qui présentait le cas d'un bombardement de civils à Gaza par Israël devait tester les connaissances en droit international des étudiants.

Mohamed Jaouad Kanabi

« Vous êtes à l'hôpital de Rafah, situé dans la Bande de Gaza lors de la guerre de l'hiver 2008-2009. Des ambulances vous amènent 22 corps portant tous le nom d'Al-Daya. Les ambulanciers et les membres survivants de la famille vous déclarent qu'il s'agissait d'un bombardement classique. La mort de chacun d'entre eux a été constatée. Quelle est ou quelles sont les qualifications des crimes perpétrés (crime de guerre, crime contre l'humanité, crime de génocide) ? Argumentez votre position en vous basant sur les définitions des différents crimes.