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Latina


par Estelle Leroy-Debiasi

Des réunions du Mercosur et de l'Unasur, "très intéressantes et historiques" avait prédit avant-hier la président argentine Cristina Kirchner, en discours de bienvenue à ses homologues à Mendoza.

Au coeur du sommet, tout d'abord, la question du Paraguay, où l'ex président Lugo a été l'objet d'un coup d'Etat il y a quelques jours. Pour ne pas pénaliser le peuple paraguayen, le Mercosur a décidé de ne pas prendre de sanctions économiques à l'encontre du pays et surtout de son peuple, toutefois la suspension du Paraguay a été prononcée jusqu'aux prochaines élections démocratiques, prévues pour le moment, dans neuf mois.

L'autre décision majeure de ce sommet, est l'acceptation du Venezuela comme membre à part entière du Mercosur à partir du 31 juillet, à l'occasion du sommet de Río de Janeiro. La participation du Venezuela était dans les tuyaux depuis de nombreux mois. Le Mercosur prend ainsi une nouvelle dimension, avec le principal producteur de pétrole de la région, justement au moment où comme le rappelait la Présidente argentine « nous affrontons une crise qui vient des pays riches et qui va faire un impact sur notre économie ; nous avons besoin dans la région d'une unité politique, économique et commerciale qui nous permettre de générer une plus grande valeur ajoutée à nos produits". Cette intégration est un signal fort envoyé à ceux gênés par la progression de l'unité de la région. Alors que des accords de coopération avec la Chine ont été signés.

Cristina Kirchner a par ailleurs précisé " il n'y a pas de double standard pour le concept de démocratie", en référence à l'éviction de Lugo au Paraguay. Une commission a été à cette occasion créée pour suivre le déroulement des prochaines élections au Paraguay avec l'avis des membres associés du Mercosur que sont le Chili, la Bolivie, l'Equateur, la Colombie. Plusieurs d'entre eux comme Evo Morales ou Rafael Correa se sont exprimés sur les tentatives de déstabilisation que connaît la région -et dont ils ont déjà été l'objet- depuis les cinq dernières années alors que des gouvernements progressistes sont au pouvoir. "Il ne s'agit pas seulement d'une question de légalité mais aussi de légitimité, toutes deux doivent être soutenues de façon indissociable pour que la région continue à croitre" a rappelé la présidente argentine qui passe la présidence du Mercosur à Dilma Rousseff

El Correo, 30 juin 2012

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par Thierry Deronne

Ce 31 juillet 2012, à Brasilia, lors du sommet extraordinaire du Marché Commun du Sud (MERCOSUR), la présidente argentine Cristina Fernández, a salué l'adhésion du Venezuela par ces mots : « les gouvernements du Venezuela, de l'Uruguay, du Brésil et de l'Argentine représentent la force sociale et historique de leurs peuples qui se rassemblent au bout de 200 ans d'Histoire pour signifier enfin que la solitude a pris fin, que nous nous sommes retrouvés.

par Estelle Leroy-Debiasi

Plus de 20 ans après sa création, le Mercosur accueille donc le Venezuela. Le bloc régional désormais représente 82,3% du PIB de l' Amérique latine-, 13 millions de km² et plus de 270 millions d'habitants.

« La cinquième puissance du monde », c'est ainsi que la présidente du Brésil, Dilma Rousseff, a salué la nouvelle dimension prise par le bloc régional avec l'entrée du Venezuela.

par Raúl Zibechi *

Le coup d'État au Paraguay a mis en évidence les changements dans le rapport de forces dans la région sudaméricaine. La réponse du Brésil d'accélérer l'entrée comme membre à part entière du Venezuela au sein du Mercosur est un message aux États-Unis. Quand l'ex-président Luiz Inácio « Lula » da Silva a dit à Hugo Chávez « ta victoire sera notre victoire », il était fidèle au scenario de la plus grande et la plus solide alliance sudaméricaine, l'alliance stratégique entre le Brésil et le Venezuela.

par Raúl Zibechi *

Quand Dilma Rousseff s'est approchée de José Mujica et de Cristina Fernández en disant : « J'ai quelque chose de politique à discuter avec vous », elle était sur le point de transmettre un message qui changerait le déroulement du sommet du Mercosur. En privé, la présidente a exigé de l'Uruguay son appui à l'entrée du Venezuela au Mercosur qu'il se refusait à accepter depuis le jour précédent pour une question de formes.

par Raúl Zibechi *

La crise politique au Paraguay et ses répercussions sur la région ont relégué la visite du Premier ministre chinois, Wen Jiabao et la démission du principal poste du Mercosur, à un plan second du calendrier des informations. La Chine a montré qu'elle est disposée à jouer vraiment y compris dans la principale zone d'influence des États-Unis.